Courrier des Lecteurs

Gestion déléguée

Par L'Economiste | Edition N°:4637 Le 29/10/2015 | Partager

■ Colère contre Amendis
Les Tangérois sont en colère et ils ont raison de l’être. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les magistrats de la Cour des comptes. Dans son rapport du mois d’octobre 2014 sur la gestion déléguée des services locaux, la Cour des comptes a violemment critiqué les manquements de Amendis dans son exécution des contrats. Les magistrats de Driss Jettou mettent en avant un important sous-investissement chronique et des transferts financiers anormaux vers la maison mère. Les gens sortent dans la rue car c’est la seule manière de s’adresser aux élus.
La ville n’a pas de site web. Les conseillers municipaux n’ont pas de page Facebook. Le maire non plus d’ailleurs. La date du futur conseil municipal n’est publiée nulle part. La ville ne fait jamais aucun sondage. Alors comment voulez que les gens protestent sans descendre dans les rues? Aucune communication politique locale, aucune culture du sondage, voila le résultat.
Thomas Guerrin
■ Pourquoi ne dites-vous pas clairement les choses?
A Tanger, comme à Marrakech, les protestations contre les factures d’eau et d’électricité, sont souvent engendrées par des consommateurs fraudeurs. Ils ont fait du «piquage» comme vous dites pour éviter de dire la vérité. Ils ameutent les voisins quand on veut les faire payer ce qu’ils consomment. Autre vérité: le compteur collectif.  Dans des maisons à la limite de l’effondrement, des chambres sont louées par le propriétaire, avec un seul compteur.
Le résultat avec la grille de tarifs différents selon la consommation, c’est que les locataires pauvres parmi les pauvres payent tout plus cher. Et ainsi de suite.
Jallal B. de Tanger

                                                               

Héritage/ Egalité

■ Réforme de l’héritage: Pas de démagogie!
Que l’on nous parle de parité, d’équité, des mêmes chances entre l’homme et la femme, voire de quota… On est tous d’accord là-dessus. Mais de là à instrumentaliser la question de l’héritage pour des raisons électoralistes ou politiciennes, voire encore via un argumentaire soi-disant moderniste… c’est inadmissible. Certes, sur le papier le discours des partisans de la réforme de l’héritage paraît séduisant, mais une fois pris au sérieux, ce chantier est lourd de conséquences. Un pays comme le Maroc n’a pas besoin d’une énième polémique qui risque de diviser la population, or, il va falloir avancer sur des questions prioritaires. Ce type de débat suppose une maturité sociale, un niveau d’alphabétisation qui frôle les 100%, des ONG fortes, des partis responsables… et surtout un débat de société serein. Plus encore, quand le Coran, Hadith et Charia sont clairs et sans équivoque. Plus besoin de l’Ijtihad.
A.R.
■ Héritage: Les femmes ont autant de charges que les hommes
Je trouve cela aberrant qu’au XXIe siècle nous parlons encore de loi religieuse. Si celle-ci a été établie, c’était lors d’une certaine époque. Aujourd’hui, les choses ont changé. L’homme n’a plus la seule responsabilité financière de la famille, il partage tous les frais (maison, école des enfants, courses ménagères…) avec sa femme. Le fait de partager l’héritage de manière égale est tout à fait logique. Pourquoi la femme donnerait-elle autant toute sa vie pour ne récupérer que le quart de ses aînés ? Les choses changent et les lois doivent suivre. Je suis consciente que tous les Marocains ne sont pas encore prêts à ce changement, mais il faut bien que le débat commence quelque part…
Leila A.

                                                               

Monjib? C’est quoi le problème?
Avez-vous compris quelque chose à l’affaire du professeur Maati Monjib? Nous, rien du tout! Nous attendons d’un journal sérieux et crédible comme L’Economiste qu’il fasse une vraie enquête. Le Centre Ibn Roch d’études et de Communication, c’est rien du tout. La dernière activité remonte à 4 ou 5 ans, pour former soi-disant une quinzaine de personnes aux droits de l’homme. C’est d’ailleurs ce qu’indique le site du Centre, très pauvre en informations. Qu’y a-t-il à voler qui conduise un de ses membres (à quel titre? on ne sait pas) devant la justice avec retrait de passeport? Quant à l’association du journalisme d’investigation, qu’est-ce que c’est ? On a vu sortir cela de terre comme par miracle. Ce qui n’est pas une raison pour que les autorités la détruisent! Dites-nous quels sont les budgets de ces associations, quels sont les comptables qui tiennent leurs comptes? Est-ce que les journalistes de L’Economiste, qui font vraiment de l’investigation, font partie de l’association?  Est-ce que c’est une coquille vide, juste pour échapper à la justice, ou bien une manière de protéger les journalistes?
Nous en avons assez que l’information officielle nous mène en bateau et qu’on ne sache plus qui fait quoi avec qui, pour quoi faire.
Nous en avons assez que l’information constitue un outil de polémiques et de guerre entre fractions partisanes.
Faites quelque chose !!!
Hassan Belabbas et ses amis-es

                                                               

Santé: Le bras de fer

■ Santé et Enseignement supérieur: Manque de courage
C’est lamentable. Le bras de fer entre  le ministre de la Santé et les étudiants en médecine prend des proportions grotesques. Finalement, ces jeunes étudiants, futurs médecins du pays, veulent juste des garanties quant à leur avenir. Ils se disent prêts à travailler dans les zones rurales et enclavées à condition que leurs droits soient respectés, dans le cadre de l’intégration à la fonction publique, au lieu d’être utilisés comme «des médecins jetables». Malheureusement, ni le ministre, ni le gouvernement n’ont réussi à les rassurer. En imposant un service obligatoire à ces futurs médecins, on garantit d’avance que ce service censé donner l’accès à la santé aux habitants des campagnes sera sommaire, voire médiocre.   Personnellement, je soutiens ces étudiants qui ne reculent devant rien pour faire entendre leur voix et je dis aux ministres de tutelle: Ayez le courage de reconnaître que vous avez tort !
Imane, étudiante
■  Médecine: Grèves et langues de bois
Pourquoi les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur parlent-ils de ne pas prendre une décision sans le consentement des étudiants en médecine? Après toutes ces réunions entre les différentes parties, aucune solution n’a été trouvée? Il y’en a marre des langues de bois des ministères qui ne cachent pas leur refus du dialogue ? C’est simple: pour encourager les étudiants à assurer leur service civil, il faut leur donner les moyens, et nous parlons là de salaire et matériel hospitalier. Comment voulez-vous que nous soignions des malades sans matériel?
Soraya, étudiante en médecine à Rabat
■ Les étudiants ne sont pas du bétail
Au début, j’étais un peu sceptique avec la grève des étudiants en médecine. Mais quand j’ai vu la manière avec laquelle la police les a traités, cela m’a encouragé à les soutenir, même si je ne suis pas d’accord avec toutes les revendications. Les étudiants, c’est pas du bétail et ils étaient dans leur bon droit dans leur amphithéâtre le jour de l’intervention musclée, sous la « protection» de leur doyen.
Abdellah, interne

■  Hôpital Ibnou Rochd: Mais où sont passés les médecins
Ça suffit de cette grève ! Je suis allée à l’hôpital Ibnou Rochd et je n’ai trouvé aucun médecin… Je ne parle même pas de consultation ou traitement! C’est l’occasion d’ailleurs de parler des indications au sein de l’hôpital. De rares et imprécis panneaux nous montrent la voie. Quant à ceux qui ne savent pas lire… que Dieu leur vienne en aide dans cet hôpital vidé de ses médecins. Il va falloir trouver un terrain d’entente que nous puissions retrouver notre droit aux soins !
Une patiente en colère

                                                               

■ Imider: Les élèves se mobilisent pour la population
Ce sont les élèves des villages d’Imider qui ont participé le 25 octobre à une  manifestation protestataire et de solidarité vers le mont Albban où leurs familles observent le plus long sit-in du monde. Après avoir marché pour plus de 4 kilomètres au long de la route N°10, les élèves du collège et du primaire ont escaladé le sommet du mont Albban en scandant des slogans et brandissant des banderoles exprimant leurs revendications et leur solidarité avec leurs familles en sit-in «éternel» contre les politiques d’appauvrissement et d’exclusion en plus des politiques de pillage des richesses naturelles et de destruction de l’environnement. A leur arrivée sur  Albban, les élèves se sont rassemblés dans un cercle «leur propre cercle» avant de rejoindre les autres protestataires pour le déjeuner collectif (couscous) préparé par leurs mères depuis le matin. Enfin, l’ensemble des présents a participé à l’Agraw général (assemblé) où chacun prend la parole: élèves, femmes et hommes, en discutant leurs problèmes liés aux protestations et aux luttes pour la défense des droits légitimes de la population saccagée d’Imider. Ensuite, l’assemblée s’est terminée après avoir déterminé le prochain rassemblement, toujours en parallèle avec le sit-in ouvert.
S.F.
■ A quand une analyse des conjectures de Maslow?
Bonjour, je suis consultant en France et en Afrique sur les questions de développement, et je réagis à l’interview de Jean-Pierre Chauffour dans votre numéro du 23 octobre page 17, suite au mea culpa de la Banque mondiale vis-à-vis du printemps arabe. Une page et une interview très intéressante. Je crois aussi qu’un complément d’analyse à travers les conjectures de Maslow pourrait être très éclairant, y compris dans le cadre d’une vision prospective.
Pierre Segal
■ Benkirane /Akhannouch: Le bon sens
Je lis votre journal avec un intérêt renouvelé chaque jour. C’est pour cela que je suis étonnée de voir votre analyse de la crise entre le chef du gouvernement d’un côté et le ministre de l’Agriculture et celui des Finances de l’autre, le mercredi 28 octobre en page 14. Vous aviez tous les éléments qu’il fallait. (…) Les plaisanteries de M. Benkirane en direction de M. Boussaïd, sont une offre de réconciliation. C’est ainsi que les caractères séducteurs agissent, c’est bien connu. Donc la bonne interprétation c’est: «Ne nous disputons pas, enterrons ce différend». (…)  il ne faut plus parler de fracture entre les partis de la majorité, ce n’est pas la bonne explication. La bonne question: pourquoi et comment le chef de gouvernement a pu se tromper ou être trompé par ses services sur cette affaire du Fonds rural. En revanche, il ne s’agit pas d’une affaire banale. Qui était vraiment visé? Le ministre Akhannouch ou les directives royales données dans le dernier Conseil des ministres? (…)
 Asmae B. de Rabat.
■ Fraude: Le noir n’est pas le seul problème
Je vous écris en réponse à l’article sur la guerre déclarée aux fraudeurs du fisc. Le contribuable doit être plumé de tous les côtés, mais avant de le plumer, j’invite les contrôleurs et inspecteurs publics à mieux faire leur travail que d’encaisser du bakchich et fermer les yeux sur les failles. Il y a beaucoup de fraude au niveau des dépenses publiques, les appels d’offres estimés à des montants exorbitants pour des missions généralement peu coûteuses, les dépenses journalières font le double de ce dont ils ont besoin, pour après encaisser au noir. Donc on va arrêter d’attaquer les travailleurs au noir et plutôt aller s’attaquer à la source du problème: les dépenses publiques.  Et vive la liberté de la presse !
A.M.

 

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