Régions

Rabat renforce son parc de parkings souterrains

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5401 Le 29/11/2018 | Partager
Mise en service de 3 sites d’une capacité de plus de 1.200 places
La formule SDL pour la gestion à l'étude
Un déficit de 5 millions de DH plombe la trésorerie de Rabat Parking depuis 2017
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La dimension stationnement a été prise en considération lors de la conception de la nouvelle gare LGV Rabat Agdal. En plus des zones de stationnement en surface, cette gare abrite également le plus grand parking souterrain de la capitale avec une capacité de près de 800 places (Ph. NEA)

Rabat agrandit ses aires de stationnement grâce à une nouvelle offre en parkings souterrains. Deux sites viennent, en effet, d’être mis en service. Il s’agit de parkings réalisés par l’ONCF dont un fait partie de la nouvelle gare LGV de Rabat Agdal. Il est composé de deux niveaux aménagés en sous-sol d’une capacité d’environ 800 places.

C’est un projet totalement ONCF contrairement à l’autre jouxtant la gare Rabat ville. Certes, ce dernier a été réalisé par l’Office avec un investissement dépassant les 30 millions de DH, mais sur un terrain appartenant à la commune de Rabat. «Une offre de location annuelle de 150.000 DH a été proposée à la commune», confie un adjoint du maire de la capitale qui estime ce montant «largement en dessous de la valeur de ce terrain, d’une superficie de 1.600 m2, situé au centre de la capitale».

La commune a une autre vision pour l’exploitation de ce site. Le Conseil de la ville vient d’adopter, lors de sa dernière session extraordinaire, un point portant sur la création d’une SDL en partenariat avec l’ONCF pour assurer la gestion de ce parking. Toutefois, «la création d’une SDL pour un petit parking de 160 places semble injustifiée», confie une source de l’Office qui indique que les négociations vont tout de même se poursuivre avec la commune afin de trouver une solution convenable aux deux parties.

En plus des deux parkings de l’ONCF, d’autres projets sont prévus dans le cadre du programme du développement intégré de la capitale (2014-2018) piloté par la société Rabat Aménagement. Cette dernière s'apprête à livrer prochainement à la commune un parking souterrain limitrophe du théâtre Mohammed V.

D’une capacité de 240 places réparties sur deux niveaux, sa réalisation a nécessité quelque 35 millions de DH. La gestion de ce site a été confiée à la société Rabat Parking, mais seulement pour une durée d’une année. La décision a été prise dernièrement par le Conseil de la ville.

Pourquoi seulement une année? Il semblerait que la direction de la commune, conduite par le PJD, n’est pas satisfaite de la gestion de cette société dont le conseil d’administration est présidé par un conseiller s'apparentant au RNI. Rappelons qu’il s’agit d’une SDL avec deux actionnaires qui sont la commune (51%) et une filiale de la CDG. On lui reproche la mauvaise gestion du stationnement en surface et sur voiries, notamment à cause des horodateurs. La société n’arrive pas encore à sortir de sa crise financière avec un déficit enregistré en 2017 de près de 5 millions de DH.

«Nous devrions pouvoir percevoir près de 3,5 millions de DH de Rabat Parking, et tirer profit de ce secteur comme d'autres villes du Maroc. Or, pour l'heure, la mauvaise gouvernance ne le permet pas», regrette un élu et responsable au Conseil de la ville. Rabat Parking avance, de son côté, une tout autre version.

«Cette crise ne s’explique pas par la mauvaise gestion, mais plutôt par la baisse continue du chiffre d’affaires de la société suite à l’arrêt de la pose du sabot depuis début 2017. Sans sabot, les contrôleurs sont privés de moyens dissuasifs envers les usagers qui refusent de payer leur ticket de stationnement», explique notre source.

Cela s’est traduit par un manque à gagner cumulé à ce jour estimé à 10 millions de DH. Des directives ont été données par le maire de la capitale d’arrêter la pose du sabot suite à un jugement prononcé sur un dossier par le tribunal administratif de Rabat, est-il rappelé.

«Le département de tutelle devrait trancher sur ce dossier en proposant la formule adéquate et légale à adopter par la capitale et aussi par d’autres villes concernées comme Tanger et Casablanca», recommande un élu de Rabat. Le maintien du statu quo va continuer à priver la ville de recettes supplémentaires au profit des gardiens dont certains imposent leur tarif jour et nuit, y compris le dimanche et les jours fériés.

Les autres projets

D’autres projets de construction de parkings souterrains sont programmés à Rabat dont un est déjà en chantier pour une capacité de 500 places. Sa réalisation s’inscrit dans le cadre du programme d’aménagement de la zone Bab El Had située en plein cœur de Rabat. Au menu également, la construction de 4 parkings dont un à Bab Chellah et les autres à Agdal.

Noureddine EL AISSI

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