Société

Migration: Le HCR vend le pacte mondial

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5400 Le 28/11/2018 | Partager
Les médias invités à prendre du recul vis-vis des réseaux sociaux
Montée des nationalismes, populisme et extrémisme, les sources de fake news
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Comment impliquer les médias dans la défense de la question migratoire? C’est l’objectif de la rencontre organisée hier mardi à Casablanca par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés. Ceci, à moins de deux semaines de l’adoption des Pactes mondiaux sur les réfugiés et les migrations prévue pour le 11 décembre à Marrakech.

Des textes, en principe non contraignants, mais que certains pays se prévalant de «démocratie enracinée» n’envisagent pas de signer. Etats-Unis, Australie, Hongrie et Israël se sont en effet rangés dans le camp des opposants. Et même la Suisse s’est barricadée derrière l’avis de son Conseil fédéral pour retarder sa décision.

Le contexte actuel est marqué par la montée des nationalismes et l’émergence des sentiments anti-migration, souvent dopés par  le populisme. Aussi, les médias ne peuvent pas s’imprégner de ces changements. En particulier, «les réseaux sociaux offrant peu ou pas de filtres et en mettant l’accent davantage sur l’opinion plutôt que sur les faits et l’analyse», relève un représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

A tel point que les analyses équilibrées semblent avoir peu d’espace dans les débats publics et médiatiques. Néanmoins, une meilleure connaissance des diverses formes de la migration est essentielle. Celle-ci est primordiale pour répondre aux défis de la problématique.

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Mais qui est migrant et qui est réfugié? Le premier, c’est la personne qui bouge aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de son pays. Et ses choix sont souvent guidés par l’amélioration de sa condition économique. Alors que le réfugié est celui qui craint pour sa vie, du fait de sa race, religion, nationalité, son appartenance à un groupe social ou pour ses opinions politiques.

C’est pour cette dernière catégorie que le HCR réclame une protection internationale. L’objectif est d’augmenter les ressources financières au profit des pays d’accueil ainsi que les capacités de réinstallation. Au Maroc le déficit de financement s’élève à plus de 77 millions de DH (Voir info ci-contre).   

Pays d’origine, de transit et de destination, le Maroc  est aujourd’hui «conscient des enjeux d’une couverture médiatique objective», s’entendent les organisateurs de la rencontre. L’implication  de tous les segments de la société est non seulement indispensable dans le changement de la perception publique, mais également dans la mise en valeur de la migration comme une véritable composante de développement culturel, social et économique.

Selon Boubkeur Largou de l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), si le Maroc  abrite 100.000 réfugiés et migrants, il compte une diaspora forte de 5 millions de personnes à travers le monde.

La complexité de la migration peut malheureusement avoir une incidence sur le traitement médiatique. La déontologie journalistique, la maîtrise de la terminologie, la diversité des sources d’information constituent un préalable essentiel à la diffusion d’une information équilibrée et objective.

Dans ce contexte, les médias jouent un rôle déterminant dans les perceptions de la population envers les migrants. C’est à eux qu’incombe la responsabilité d’être le rempart contre la désinformation et la diffusion d’idées fausses. D’où la nécessité de renforcer la collaboration entre médias et organismes en charge de la migration.

Obligation de l’information

Le Pacte mondial est le fruit d’un examen sans précédent de données et d’éléments de preuve recueillis au moyen d’un processus ouvert, transparent et inclusif. Il en ressort que «les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d’une même région et d’une région à l’autre, faisant de la planète des pays d’origine, de transit et de destination. Mais la quête de la connaissance du phénomène n’a pas de limites. C’est la voie vers l’amélioration continue des politiques publiques.  Il incombe également aux gouvernements, organisations mondiales et acteurs de la société civile de mettre à disposition des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles au sujet des avantages et des difficultés que représente la migration.

A.G.

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