Société

Maladie de Parkinson: La genèse d’un traitement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5394 Le 16/11/2018 | Partager
Benatik rend hommage au couple Benazzouz, spécialiste de cette pathologie
Le ministre de la Santé surfe timidement sur cette vague

Abdelkrim Benatik multiplie les initiatives. Après l’aéronautique canadienne et l’automobile allemande, le ministre des MRE et des affaires de la migration s’est penché sur la maladie de Parkinson, sous forme d’hommage aux Drs Abdelhamid Benazzouz et Rabia Bouali-Benazzouz, chercheurs marocains en France et spécialistes de cette pathologie.

Cette action s’inscrit dans le cadre d’une orientation stratégique qui consiste à mobiliser les compétences marocaines du monde pour contribuer au développement du pays. Il a également associé son collègue de la Santé à «cette journée scientifique de partage» des compétences sur cette maladie. En tout cas, Anass Doukkali a rappelé à cette occasion la consigne royale pour l’ouverture du secteur de la santé aux investissements étrangers. Pour l’heure, rien de concret n’a été entrepris dans ce sens.

Pour rappel, le Dr Abdelhamid Benazzouz et ses collaborateurs ont été les premiers à développer une nouvelle approche thérapeutique neurochirurgicale de la maladie portant sur la stimulation cérébrale profonde.

Le succès de cette technologie chez l’animal a permis au Dr Benazzouz de contribuer à son transfert aux patients parkinsoniens. Avant, cette pathologie était traitée par des médicaments. Au niveau du cerveau, il manquait une substance. «Nous avons essayé de la remplacer chez les malades parkinsoniens pour voir si cela pourrait améliorer les symptômes. Effectivement, cette molécule administrée aux malades pour remplacer la dopamine a très bien marché au début. Le souci est que l’efficacité n’était pas durable dans le temps», note le docteur.

En effet, 4 à 5 ans après le début du traitement avec les médicaments, les malades redeviennent parkinsoniens avec des effets secondaires épouvantables.

«Avec mon équipe, nous avons cherché à comprendre ce qui se passe dans le cerveau des malades pour essayer de proposer autre chose et remplacer cette molécule utilisée comme médicament. Nous avions travaillé sur le singe et développé une approche chirurgicale qui consiste à implanter des électrodes dans son cerveau rendu parkinsonien. Donc, nous stimulons électriquement une cellule cérébrale, nous améliorons de façon parfaite les symptômes moteurs», ajoute Benazzouz, qui a retrouvé ses confrères marocains comme notamment le Pr Khamlichi et Mohamed Faiz Chaoui.

«Nous avons eu des effets bénéfiques et donc proposé aux neurochirurgiens de faire l’implantation chez les patients», ajoute-t-il.

Du coup, les premiers patients ont été implantés à Grenoble dans les années 90, avec des résultats très positifs. «Quand les chirurgiens du monde entier ont vu les suites bénéfiques, ils ont commencé à la pratiquer sur les malades. Le Maroc ne pouvait rester en dehors de cette dynamique. C’est en 2007 que nous avons  commencé à faire bénéficier les parkinsoniens de cette chirurgie», dit-il. A ce jour, près de 130 patients ont été opérés au Maroc.

Symptômes

La maladie de Parkinson, 2e pathologie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer, touche 1% de la population après 60 ans. Elle survient en moyenne entre 55 et 65 ans. Sur le plan clinique, elle se caractérise par la manifestation de symptômes moteurs qui se traduisent par des tremblements au repos, la rigidité musculaire et des troubles de la posture. D’autres symptômes se manifestent comme la dépression, la perte d’olfaction, la constipation, des troubles de sommeil, de la douleur,...

Mohamed CHAOUI

 

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