Régions

Marrakech/aéroport: Le ras-le-bol des professionnels du tourisme

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5391 Le 13/11/2018 | Partager
Désorganisation et sous-effectif de la police des frontières, pointés
Les longues files d’attente pour l’enregistrement sont devenues une règle
L’image de toute une destination écornée!
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Voici ce qui attend les touristes et les usagers de l’aéroport à la sortie de l’avion: une longue file d’attente. Il passera en moyenne deux heures, voire trois heures avant de sortir de l’aéroport (Ph. AB)

Alors que le trafic à l’aéroport de Marrakech est en pleine croissance -et que les professionnels du tourisme en demandent plus-, il semble que ses intervenants ne soient pas suffisamment préparés. A voir les images des arrivants aux postes frontières qui ont circulé la semaine dernière sur les réseaux sociaux, on n’en douterait pas. Pourtant, ce n’est pas faute d’infrastructure ou de moyens.

L’aéroport vient d’être rénové avec une extension du terminal et dans la foulée il s’est doté des toutes dernières technologies. Malheureusement depuis plusieurs semaines, usagers et professionnels de tourisme lancent des alertes concernant le temps d’attente devenu «insupportable» et porteur d’une image très négative.

Tout dépend de l’heure de l’arrivée de son avion, un touriste passe en moyenne deux heures, voire trois heures entre l’atterrissage et la sortie de l’aéroport. Auprès de l’ONDA, les plans de vols sont communiqués aux autres services plusieurs semaines à l’avance et les raisons à ces lenteurs sont indépendantes de leur volonté.

En d’autres termes, elles sont à imputer à la police des frontières. Celle-ci reconnait un sous effectif et une surcharge de travail pour les équipes dédiées notamment lorsque l’aéroport accueille plusieurs vols en même temps. Ce qui est très fréquent puisque l’aéroport atteint 650 rotations par semaine et ambitionne d’en avoir plus pour les prochaines années.

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Pour ce professionnel du tourisme dans la cité ocre, les lenteurs sont dues plutôt à une mauvaise organisation. «On a l’impression que la police des frontières découvre les vols à l’arrivée, tandis que les agents au guichet ne comprennent pas que leur devoir est de faire vite. En plus du temps passé dans les files d’attente, on doit patienter 6 mn pour tamponner le passeport et prendre une autre file pour faire vérifier le même tampon par un autre agent».

Les professionnels du tourisme et le CRT ont proposé pour leur part une série de mesures qui pourront aider à fluidifier les flux comme installer des scanners «intelligents» de passeports ou encore réserver une file exclusivement aux passagers nationaux à l’instar de ce qui se fait ailleurs….», indique Toufik Madih, président des agences de voyages de Marrakech et vice-président du CRT.

Outre l’accueil aux postes frontières, d’autres défauts sont fréquents à l’aéroport de Marrakech. Quelques-uns dépendent de l’ONDA comme l’affichage de l’arrivée des bagages, les kiosques d’assistance et d’information à l’arrivée et d’autres demandent une vraie organisation d’accueil à la sortie de l’aéroport.

Ici, c’est aussi un grand cafouillage avec des représentants des riads, des transporteurs touristiques exerçant dans l’illégalité, des chauffeurs de taxis surexcités qui se disputent les touristes. Et dire que c’est la première impression que l’on se fait de la destination! Bienvenue à Marrakech.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

 

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