Société

Sécurité routière: L’Afrique au bas de l’échelle

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5389 Le 09/11/2018 | Partager
26,6 tués pour 100.000 habitants et les motocyclistes et les piétons sont les premières victimes
Mettre en œuvre des mesures concrètes, pour lutter contre cette insécurité
Les objectifs du 1er Forum sur la sécurité routière en Afrique à Marrakech

Promouvoir la prise en charge de la sécurité routière et la coopération dans ce domaine. Ce sont les principaux objectifs du 1er Forum sur la sécurité routière en Afrique, qui démarre le 13 novembre, organisé par le ministère de l’Équipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau.

L’organisation de ce Forum continental sous le thème «Sécurité routière en Afrique, facteur de développement durable» est une suite logique et une capitalisation sur les travaux de la COP22 et de sa déclaration pour l’action en faveur du climat et du développement durable, selon Najib Boulif, secrétaire d’État chargé du Transport. Sont d’ailleurs attendus à cette conférence continentale plusieurs ministres africains de Transports et de Santé.

Le Forum sera surtout une occasion pour revenir sur les chiffres alarmants des accidents dans le contient. Si les routes continuent de tuer 1,25 million de personnes par an, les pays à faible revenu, notamment en Afrique, en font plus les frais. Selon l’Organisation mondiale de la santé, un fossé profond sépare toujours les pays à revenu élevé des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans ces derniers, on compte 90% des décès dus aux accidents de la circulation alors qu’ils ne comptent que 54% des véhicules en circulation dans le monde.

En Europe, surtout dans les pays les plus riches, on enregistre le plus faible nombre de tués sur les routes par habitant, soit 6 tués pour 100.000 habitants. L’Afrique, quant à elle, enregistre les taux les plus élevés, soit 26,6 tués pour 100.000 habitants. Normal: la moitié des décès sur la route touchent les usagers qui sont le moins protégés: les motocyclistes (23%), les piétons (22%) et les cyclistes (4%), selon l’Organisation mondiale de la santé.

Et c’est en Afrique que le pourcentage de morts piétons et cyclistes est le plus élevé (43% des victimes de la route) contre 26% en Asie du Sud-Est et 30% en Europe. Pourtant, un plan d’action avait été défini dans le cadre de la décennie d’action pour la sécurité routière (2011–2020). Ce dernier avait appelé les pays à mettre en œuvre des mesures concrètes pour rendre leurs routes plus sûres.

Au niveau de l’Afrique, un plan d’action continental a été élaboré au cours d’une réunion d’experts organisée en novembre 2011 à Addis-Abeba (Ethiopie) par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Union africaine. A une année de la fin de cette décennie, certains pays ont réalisé des progrès significatifs, mais la situation de la sécurité routière en Afrique demeure toujours préoccupante.

Un festival du film pour sensibiliser les usagers

Deux événements en un. Le Forum africain de la sécurité routière de Marrakech sera aussi l’occasion pour lancer le 1er Festival africain du film de la sécurité routière. Il sera soutenu par la Fondation Laser international et l’Alliance francophone pour la sécurité routière. L’idée est de renforcer, à travers des images et des films, la prise de conscience des dangers de la circulation routière et des moyens de rendre les routes plus sûres afin de combattre la pandémie de 1,25 million de morts et 50 millions de blessés sur les routes chaque année. Les films devront refléter les principales priorités de la sécurité routière dans les pays africains, à commencer par la sensibilisation des usagers aux routes vulnérables, contre la drogue et l’alcool, à la sécurité des piétons et aux dispositifs de sécurité (casque, ceinture de sécurité…).

B. B.

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