Analyse

Discours de la Marche verte: En finir avec la rente au Sahara

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5388 Le 08/11/2018 | Partager
Le Roi a appelé à refuser toute forme d’extorsion
La régionalisation favorisera l’émergence d’une véritable élite politique
Le nouveau modèle de développement des provinces du Sud en marche

Dans le discours de la Marche verte, le Roi a été on ne peut plus clair concernant la gestion des dossiers stratégiques comme celui du Sahara. Elle repose sur «le travail sérieux et le sens de la responsabilité sur le plan interne et sur les principes de clarté et d’ambition au niveau de la politique extérieure».

Parallèlement aux efforts diplomatiques, la défense de l’intégrité territoriale passe également par le développement des provinces du Sud. Le nouveau modèle de développement, doté d’un budget de départ de 71 milliards de DH, est actuellement en marche. Ce montant a été dépassé pour atteindre 80 milliards de DH (voir notre édition du 5 novembre dernier).

Objectif: Renouer avec la vocation séculaire du Sahara: «être le trait d’union précurseur entre le Maroc et sa profondeur africaine, géographique et historique», comme cela a été précisé dans le discours royal. Le nouveau modèle de développement de ces provinces, étalé sur la période 2016-2021, permettra de doter cette zone d’infrastructures, lui permettant de jouer pleinement son rôle dans la connexion entre le Maroc et l’Afrique.

Parallèlement à cette dynamique de développement, le Souverain a mis l’accent sur la nécessité de couper avec certaines pratiques. L’objectif est de «mettre fin à la politique d’octroi de rentes et de privilèges, refuser toute forme d’extorsion prenant prétexte de l’intégrité territoriale du Royaume et rejeter son instrumentalisation».

Cela devra s’accompagner de l’émergence d’une véritable élite politique, qui assure une représentation effective des habitants du Sahara, dans le cadre de la régionalisation avancée. Cette configuration est à même de permettre aux populations locales «d’exercer leur droit à une gestion autonome de leurs affaires et à un développement intégré de leur région».

Normalisation

Le nouveau modèle de développement, actuellement en exécution dans les provinces du Sud, s’est accompagné du lancement d’autres mesures pour en finir avec certaines exceptions de fait. C’est le cas notamment du domaine fiscal. En juillet 2017, la DGI avait lancé une circulaire soumettant ces régions au droit commun en matière de TVA, parallèlement à l’assouplissement des conditions de délivrance des attestations fiscales. Objectif, assurer l’harmonisation du régime fiscal de cette zone avec les autres régions. Les opérateurs des provinces du Sud avaient plaidé en faveur d’une réforme globale, octroyant aux provinces du Sud «un statut particulier, avec un régime fiscal attractif, instauré par un texte clair».

Projets prévus par le modèle de développement des provinces du Sud

• 42,8 milliards de DH pour Laâyoune Sakia Al Hamra, soit 255 projets
• 21 milliards de DH pour Dakhla Oued Eddahab, destinés à 137 projets
• 11,7 milliards de DH pour Guelmim Oued Noun, pour la réalisation de 251 projets
• 4,9 milliards de DH prévus pour des projets inter-régions

Source: Ministère des Finances

M.A.M.

 

 

 

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