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France: L’impact négatif du commerce extérieur sur le PIB

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5340 Le 30/08/2018 | Partager
Appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, remontée des prix du pétrole…
La consommation des ménages a reculé
La croissance a plafonné à 0,2% au 2e trimestre 2018
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Selon l'Insee, la croissance a plafonné à 0,2% au premier comme au deuxième trimestre 2018 (après 0,7% fin 2017). Dans le même temps, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,4%, soit un rythme deux fois supérieur

En France, la croissance économique a bel et bien plafonné à 0,2% au deuxième trimestre 2018. C’est ce que confirme une nouvelle estimation publiée mercredi 29 août 2018 par l'Insee (l’Institut national de la statistique et des études économiques).

Ce chiffre rend définitivement hors d'atteinte les 2% de croissance initialement prévus par le gouvernement français en 2018.

Selon l'Insee, la consommation des ménages a reculé de 0,1% entre avril et juin après avoir augmenté de 0,2% lors du premier trimestre, plombée notamment par la grève de la SNCF. La consommation en biens s'est ainsi repliée de 0,3% tandis que celle de services a plafonné à 0,1%, avec une baisse de 2,7% dans les transports (principalement ferroviaire).

Le commerce extérieur a également eu un impact négatif sur le PIB, de l'ordre de 0,3 point. La forte hausse des importations (+1%) n'ayant été que partiellement compensée par celle des exportations (+0,2%). Plusieurs éléments extérieurs sont venus pénaliser l'activité, «comme l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, qui a pesé sur les exportations, ou la remontée des prix du pétrole, qui a rogné le pouvoir d'achat des consommateurs», rapporte la presse française.

Une bonne nouvelle toutefois du côté de l'investissement des entreprises qui a accéléré (+1,3% après +0,1% au premier trimestre), quand celui des ménages s'est tassé (-0,1% après +0,3%).

L'organisme public prévoit 1,7% de croissance pour l'ensemble de l'année. Dans son projet de loi de finances, voté en décembre, Bercy avait prévu 1,7% de croissance pour 2018. Mais ce chiffre avait été relevé à 2% dans le cadre du programme de stabilité (PSTAB) envoyé fin avril à Bruxelles, considéré comme la dernière prévision officielle du gouvernement.

Depuis, celui-ci a abandonné cet objectif, sans donner à ce stade de nouvelle cible officielle. Même si le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé raisonnable l'hypothèse de 1,7% évoquée par le consensus des économistes.

Cette situation complique l'équation budgétaire de Bercy. Il devrait compter avec des recettes fiscales moins élevées qu'attendu en 2018 et en 2019. Et donc avec un déficit plus important qu'escompté.

Concernant cette année, «il n'y aura pas 2,3% de déficit», a reconnu Bruno Le Maire, évoquant le chiffre de 2,6%. Pour l’année prochaine, la cible de 2,4% devrait là aussi être abandonnée. «Notre objectif est de tenir l'objectif des 3%», a-t-il assuré.

Dans son programme de stabilité, le gouvernement avait annoncé un déficit à 2,3% du PIB cette année, en baisse de 0,3 point par rapport à 2017. La dette publique devait pour sa part se réduire à 96,4% du PIB, avant une baisse progressive jusqu'à 89,2% en 2022.

D'après l'Insee, la dette publique de la France, fruit de l'accumulation des déficits au fil des ans, s'est établie à 2.255,3 milliards d'euros au premier trimestre 2018, pour atteindre 97,6% du PIB.

Ce que recommande le Medef

Lors de la 20e université d'été du Medef, son nouveau président Geoffroy Roux de Bézieux a appelé le gouvernement à réduire la dépense publique et à poursuivre les réformes structurelles qu'il a engagées. Deux annonces du ministre de l'Economie Bruno Le Maire ont été jugées «assez perturbantes» par le patron des patrons. Il s’agit du report de neuf mois d'une baisse de cotisations patronales et la hausse d'un acompte de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. La prévision de croissance de 1,7% pour 2019 annoncée par le Premier ministre Edouard Philippe est pour le président du Medef un chiffre positif. Mais, il voit que «c’est encore loin de ce qu'on peut potentialiser dans le pays». Ceci au moment où la zone euro devrait réaliser l'an prochain 1,9% et la croissance mondiale s’établir à 3,9%, selon le FMI.
Depuis 2017, les réformes se sont succédées en France. Les entrepreneurs citant en particulier la réécriture du droit du travail. La réforme a été adoptée malgré de nombreuses manifestations.

F. Z. T. avec agences

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