Entreprises

Intelligence artificielle: McKinsey en campagne

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5320 Le 23/07/2018 | Partager
8 secteurs d’activités prêts pour le grand saut
Une équation: où trouver les compétences?

Le cabinet McKinsey identifie 8 secteurs d’activités au Maroc qu’il estime assez matures pour le déploiement de l’intelligence artificielle: l’assurance, les télécoms, l’industrie automobile, le secteur des énergies, l’agriculture, les banques, l’e-gov et l’auto-entrepreneuriat. Le cabinet est sollicité par au moins trois d’entre eux sur ces sujets. Il s’agit des banques, les assurances, les télécoms et les grands groupes industriels. «Tous travaillent actuellement sur ces sujets et développent des applications. Il y a même des acteurs qui ont déjà des solutions opérationnelles sur place», indique Yassine Sekkat, directeur associé chez McKinsey.

Les premiers cas d’usage ont été implémentés dans la rétention de client et la performance industrielle. L’idée de l’algorithme est d’observer les événements du passé pour prédire le futur. La technologie a permis d’élaborer une prédiction nominative et identifier les clients qui présentaient la plus forte probabilité de mettre fin à leur contrat. Le niveau de fiabilité se situerait à 85%. Dans le cas de la performance industrielle, la solution a permis de gagner 3 à 4% de out put en changeant certains paramètres, notamment la température. Souvent, les données existent, mais les Fintech ne savent pas comment y accéder pour les exploiter. Le cabinet préconise une évolution de la réglementation pour rendre possible l’émergence de petits acteurs. En Europe, une réglementation de l’open data contraint les groupes à rendre accessible un certain nombre d’informations à ces opérateurs.
Le gouvernement et les pouvoirs publics ont donc un rôle à jouer pour réorienter la formation professionnelle et la jeunesse vers des métiers d’avenir. En matière d’intelligence artificielle, les profils recherchés aujourd’hui sont de trois types: Data engineer, Data architect et Data scientist.
Le métier le plus connu parmi les trois est celui de Data scientist. Cette notoriété s’explique certainement parce qu’il rapporte plus que les autres. Selon une étude menée par Glassdoor, le salaire annuel moyen d'un Data scientist s'élève à 116.840 dollars l’an. Les Data scientists sont des docteurs en mathématiques.
Une fois leur formation en poche, il faudrait encore réussir à les garder au Maroc. En effet, ces profils sont très prisés sur le marché international avec des rémunérations importantes. Au Maroc, les profils Data engineer et Data architect touchent entre 7.000 et 9.000 DH au démarrage. Un bon data scientist arrive rapidement à 15.000-20.000 DH/mois. En France, le salaire moyen d’un Data engineer est de 89.799 euros bruts annuel soit 46 euros par heure.

Des formations s’ouvrent  sur le marché

Pour former les profils de Data engineer et Data architect, des formations offrant des cursus de 6 mois à 1 an s’ouvrent au Maroc. Parmi ces acteurs, l’école 1337, qui ouvrira ses portes à Khouribga fin septembre 2018 (cf. L’Economiste édition n°5280 du 25/05/2018). Cet établissement est le fruit d’un partenariat entre l’OCP et l’Ecole 42. A Casablanca, on peut trouver aussi Ada Code Academy, qui propose une formation sur 6 mois. La première promotion achèvera sa formation en septembre prochain. Une demi-douzaine d’entreprises financent le programme (édition n°5191 du 19/01/2018).

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