Economie

La production sucrière atteint un sommet historique

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5272 Le 15/05/2018 | Partager
Le taux de couverture des besoins dépasserait les 50%
Le rendement de sucre à l’hectare atteint 13 tonnes dans deux régions leaders
Maîtrise de la technique et lancement de semis précoces, expliquent les performances
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C’est pour la 3e campagneconsécutive que la zone deBéni Mellal et celle desDoukkala réalisentdes campagnes record.Ces deux périmètres sedistinguent par la maîtrise del’itinéraire technique de la betterave à sucre mais aussi de l’accompagnement des  Comités régionaux de pilotage

La production sucrière devrait atteindre un niveau record. C’est ce qui ressort des résultats préliminaires de la campagne d’arrachage de la betterave à sucre dans les deux zones phares: Béni Mellal et Doukkala. 

Celles-ci assurent désormais plus de 60% de la production nationale de sucre. Et tout prête à croire que le taux de couverture des besoins frôlerait les 53%, selon les premières prévisions. Ceci, malgré le retard des pluies qui a concerné l’ensemble des régions de production agricole.

«Tout réside dans la maîtrise des techniques de conduite de la culture», résume en substance le  directeur régional de Béni Mellal-Khouribga, Rahaoui Hssain. Même analyse auprès de son collègue de la région de Casablanca-Settat, Abderrahmane Naili. Cela tient pour l’essentiel à la généralisation de la semence mono germe, de la mécanisation des semis, les programmes résonnés de protection des plantes. Le tout, sous la vigilance  et le suivi des Comités régionaux du sucre. 

Pour Rahaoui, qui est également président du Comité technique du sucre de la zone de Béni Mellal, l’ensemble des mesures déployées sur le terrain a permis la réalisation de 13.500 ha de betterave à sucre, soit 100% des prévisions initiales. Autre mesure, introduite pour la première fois, le lancement de semis précoces.

Pour une première expérience, le semi avait démarré le 5 septembre 2017 sur une superficie de 2.430 ha dans la zone de Béni Mellal, soit 18% du programme. L’objectif est d’éviter le prolongement de l’arrachage sur la période de fortes chaleurs qui impactent généralement la teneur en sucre de la betterave. La même approche a été adoptée dans la zone des Doukkala. Auparavant, les semis démarraient un mois plus tard.  

«L’arrivée des précipitations à la fois importantes et régulières à partir de fin novembre 2017 a permis l’économie d’eau d’irrigation et a eu un impact positif sur le développement de la culture ainsi que la réalisation des travaux d’entretien dans les délais requis», se félicite Rahaoui.

Toutes les opérations  de traitement ont été conduites sur la base des constats prélevés par l’Observatoire   de phytiatrie qui s’est focalisé sur les maladies de pourritures, et les ravageurs qui attaquent la culture. Suivra après la préparation de la campagne d’arrachage.

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Cette zone qui a fait l’objet d’une campagne de boycott, il y a une décennie, a renoué avec ses performances. Actuellement, le revenu du producteur frôle les 40.000 DH à l’hectare

A Béni Mellal, elle a démarré le 23 avril. Et les premiers résultats annoncent une production de plus de 1 million de tonnes de betterave. Avec à la clé un rendement de 75 tonnes/ha et une richesse en sucre de plus de 18%. Ce sont donc 13 tonnes de sucre à l’hectare, soit un rendement voisin de celui réalisé en Europe, voire plus.

Pour s’assurer de bonnes conditions du déroulement de la campagne d’arrachage et d’usinage, il a été procédé à l’établissement des listes d’ordre d’arrachage sur la base de la succession des dates de semis numérisées par GPS, à l’organisation du transport et à la préservation de l’état de  développement des parcelles par l’encadrement phytosanitaire et le maintien des irrigations. Des opérations qui se déroulent sous la surveillance d’une commission dédiée, est-il expliqué.

Les premiers résultats des livraisons à l’usine réalisés durant la première décade du mois de mai plaident en faveur des prévisions du Comité technique, à savoir un rendement à l’hectare de 72 tonnes/ha pour les parcelles arrachées (contre des rendements de 46 t/ha à la même période de la campagne 2016-2017) et des richesses de plus de 18%.

Dans les Doukkala, les semis ont tété précoces. L’essentiel ayant été réalisé entre le 20 septembre et 31 octobre 201, soit 80% des superficies betteravières. Malgré le retard des précipitations, la germination et la levée de la betterave à sucre ont  été assurées par l’eau d’irrigation.

Dès  la fin du mois de décembre 2017, les précipitations ont été au rendez-vous et ont permis à la culture de la betterave à sucre de se développer dans des conditions hydriques satisfaisantes. Sur la période de décembre-janvier, la région  a enregistré un cumul pluviométrique de 253 mm. 

Quant à l’entretien de la culture, il s’est déroulé dans de bonnes conditions grâce à la disponibilité des intrants (engrais  et pesticides), l’accès facile aux parcelles et à la surveillance phytosanitaire qui a permis d’intervenir contre les maladies et ravageurs de la culture au moment opportun.

Dans le cadre des préparatifs de la campagne d’arrachage et afin d’évaluer la croissance et le développement  de la culture, le Comité technique régional a procédé  aux prélèvements des échantillons de la betterave durant le mois de mars 2018 au niveau des premières zones du semis. Tenant compte des résultats des prélèvements, le démarrage de l’arrachage a eu lieu le 20 avril 2018 au lieu du 8 du même mois lors de  la campagne précédente.

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La subvention accordée au sucre d’origine locale stagne désormais aux alentours de 3,5 milliards de DH. Etant destinée à la consommation, elle ne répond pas à l’évolution de la production et encore moins au gain en compétitivité des plantes sucrières

Après 20 jours du démarrage de la campagne d’arrachage, la production livrée à la sucrerie de Sidi Bennour a atteint 230.000 tonnes de betterave à sucre contre 181.000  lors de la campagne précédente, soit un accroissement de 21%. Ce volume représente 15% de la production totale estimée à 1,5 million de tonnes.
Au mai, la superficie de betterave à sucre arrachée avait atteint 3.200 ha avec un rendement de l’ordre de 71 tonnes/ha contre 70 la campagne précédente. La  richesse moyenne en sucre est estimée à 17%.

La mécanisation des opérations pour la production de la betterave à sucre a connu un développement très marqué depuis le lancement d’un  programme de préfinancement et d’acquisition du matériel agricole au profit des agriculteurs. Il concerne  le matériel de préparation du sol (charrues à socs et herses rotatives avec rouleaux), les semoirs combinés et le matériel d’arrachage.  

Ce dernier type de matériel est devenu indispensable dans l’arrachage de la betterave pour plusieurs raison: combler le déficit de main-d’œuvre, minimiser les dégâts de la pourriture molle vers la fin du cycle de la culture par la réduction de la durée de la période d’arrachage. Cette stratégie a donné ses fruits puisque le taux de mécanisation a augmenté d’une manière considérable durant ces dernières années. C’est ainsi que la superficie arrachée mécaniquement représente 80% du total.

                                                                               

Blé tendre: Mesures pour soutenir la collecte

Le ministre de l’Agriculture et son collègue des Finances ont signé une décision conjointe visant la mise en place de mesures pour assurer les bonnes conditions de stockage et de commercialisation de la récolte céréalière de la présente campagne. Cette année, la production des céréales est estimée à 98,2 millions de quintaux avec un rendement de 21,8 quintaux à l’hectare.

Les mesures annoncées concernent la fixation du prix de référence de blé tendre à de 280 DH/quintal, rendu moulin pour une qualité standard. S’ajoute une  subvention forfaitaire de 10 DH/ql pour les quantités de blé tendre de production nationale, acquises durant la période primable allant du 16 mai au 15 octobre 2018.

Une prime de magasinage de 2 DH/ql par quinzaine est également accordée pour les organismes stockeurs. Elle soutient la quantité globale de blé tendre collectée du 16 mai au 15 octobre 2018. Cette  prime sera servie jusqu’à fin décembre 2018.
Par ailleurs, le gouvernement a relevé le droit d’importation à 135% du blé tendre. Il prendra effet jusqu’au 31 octobre 2018.

Parallèlement, il a été décidé la reconduction du système d’appels d’offres  pour l’approvisionnement des minoteries industrielles en blé tendre destiné à la fabrication des farines subventionnées. Les premiers appels d’offres seront   exclusivement destinés à la récolte nationale.

Par ailleurs, pour soutenir les coopératives agricoles pour les opérations de collecte de la récolte céréalière, la convention de financement signée en 2017 entre le ministère de l’Agriculture, le groupe Crédit Agricole du Maroc, les coopératives et la Fédération nationale des minotiers, demeure valable.

Cette convention porte sur la mise en place par la banque verte de lignes de financement spécialisées qui facilitent l’accès aux coopératives membres de l’Union nationale à des crédits destinés à couvrir les frais de collecte et de stockage du blé tendre.

 

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