Politique

Conseils élus: Les femmes toujours sous-représentées

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5246 Le 06/04/2018 | Partager
L’objectif de la parité reste encore loin
Sur plus de 31.000 femmes, seules 203 ont été élues sans quota
Celles désignées à des postes de responsabilité «ont du mal à exercer leurs prérogatives»

Près de 7 ans après l’adoption de la Constitution, la parité reste encore un vœu pieux. La représentativité politique des femmes est encore loin d’être effective. Un constat confirmé par une récente étude réalisée par la Fondation Friedrich Ebert, en collaboration avec l’association Jossour, présentée hier à Rabat.

Ce document, basé sur les récits des femmes politiques, dresse un bilan de la représentativité des femmes dans les différentes institutions. Il en ressort que sur les 31.503 femmes membres des différents conseils, seules 203 ont été élues sans quota, soit 0,23%. Pour les rédacteurs de cette étude, «les quotas déchargent les partis de leurs responsabilités envers les femmes, en leur offrant une technique plutôt qu’une approche genre».

Résultat: ces mécanismes de discrimination positive semblent se transformer en «techniques électorales qui divisent les femmes et favorisent les notables», est-il indiqué. Ce système favorise «les femmes ayant peu d’expérience en politique ou disposant d’une faible formation».

Plusieurs organismes internationaux avaient insisté sur l’importance des quotas pour favoriser la réalisation de la parité. Actuellement, le taux de représentation politique des femmes au niveau de la Chambre des représentants est de 20,51% contre 16,96% en 2011. Dans cette configuration, «combien nous faudrait-il pour arriver à l’objectif de 30%», se sont interrogées des représentantes d’ONG.

Au niveau des conseils locaux, la part des femmes a progressé de 168% entre 2009 et 2015. Mais seules 21 d’entre elles ont accédé à la présidence de communes, essentiellement dans le monde rural. Celles-ci ont des difficultés à exercer leurs prérogatives, fait-on savoir. D’où l’importance de «doter les femmes d’un pouvoir décisionnel effectif». La faiblesse de la présence de la femme dans le fonctionnement effectif des institutions politiques est liée à une série de facteurs.

Il s’agit notamment de «l’absence de mise en œuvre des principes constitutionnels, l’application de dispositions juridiques non assorties de mesures coercitives, la faible implication des partis, la notabilisation des élections ainsi que le regain de conservatisme».

Face aux difficultés d’assurer une meilleure inclusion des femmes dans les institutions politiques, cette étude insiste sur la nécessité de «réviser le cadre normatif, notamment via une loi cadre sur l’égalité homme-femme». L’idée est aussi de s’attaquer aux causes structurelles qui favorisent la faible représentation politique des femmes.

Il s’agit notamment de la culture patriarcale, de l’analphabétisme, des comportements sociaux… Cette situation ne se limite pas au Maroc. Les statistiques de l’Union parlementaire internationale ont montré que le taux de présence féminine dans les parlements des Etats arabes s’est situé à 17,5% en 2017.

Une 2e phase du projet mené par la Fondation Friedrich Ebert et l’association Jossour portera sur la mobilisation autour des recommandations de cette étude. L’objectif est de définir les moyens «d’assurer une égalité réelle et sans faille dans le domaine de la représentation politique».

Représentativité féminine

  • Dans le gouvernement: 2,34%Ambassadrices: 11,83%
  • Cour constitutionnelle: 0,1%
  • Wali: 0,16%
  • Gouverneur: 0,58%Postes décisionnels: 21,5%
  • Directrices: 13%Inspectrices générales: 7,41%
  • Secrétaires générales: 12%

 

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