Régions

Fès-Meknès/Urbanisme: Les élus réclament l’appui de l’Etat

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5242 Le 02/04/2018 | Partager
Habitat insalubre, menaçant ruine, quartiers sous-équipés… les doléances
La tutelle promet une nouvelle approche «concertée et participative»
«Où sont les décrets d’application de la loi 66-12», s’interroge El Azami
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Absence remarquée de Mohand Laenser. C’est la 2e fois que le président du Conseil régional Fès-Meknès, lui-même ancien ministre de l’Urbanisme, se fait représenter par son vice-président, Mohamed Ouzzine, après une première absence lors du conseil d’administration du 7 mars 2017 (Ph. YSA)

Un défaut d’agenda ou un acte prémédité? Mohand Laenser a encore brillé par son absence lors des travaux de la 15e session de l’Agence urbaine et de sauvegarde de Fès (AUSF), tenue mercredi 21 mars 2018, à Fès. C’est la 2e fois que le président du Conseil régional Fès-Meknès, lui-même ancien ministre de l’Urbanisme, se fait représenter par son vice-président, Mohamed Ouzzine, après une première absence lors du conseil d’administration (CA) du 7 mars 2017.

En tout cas, lors de la dernière session, Ouzzine n’a pas mâché ses mots. L’ancien ministre des Sports a saisi la présence notamment de Abdelahad Fassi Fihri, Fatna El Kihel, Saïd Zniber, et Driss El Azami El Idrissi respectivement le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, et de l’Aménagement de l’espace, la secrétaire d’Etat en charge de l’Habitat, le wali, et le maire de Fès, pour infliger plusieurs critiques à l’hôte de l’assemblée.

«Au lieu de présenter le bilan et les prévisions de l’Agence urbaine d’une manière plate, il fallait se poser de véritables interrogations sur l’identité urbanistique de la ville, le rôle des architectes, les résolutions de l’habitat insalubre, les tissus anciens et les maisons menaçant ruine…», souligne l’adjoint au président du conseil régional. «Il faut actionner la démolition de l’habitat insalubre et concevoir des espaces de vie», ajoute-t-il.

Même son de cloche auprès de Driss El Azami El Idrissi pour qui «le CA de l’Agence urbaine est une occasion de réclamer plus d’efforts de la part des différents partenaires et acteurs concernés par l’acte d’urbanisme». Dans ce sens, le maire de Fès a noté que «la loi 66-12 est intelligente, claire et définit bien les responsabilités de tout un chacun, mais nécessite des décrets d’application» toujours à la traîne.

«Ainsi, en matière d’intervention, démolition ou restauration des bâtiments, notamment au niveau de l’ancienne médina, ou encore le contrôle et la répression des fraudes, les intervenants manquent toujours d’un arsenal juridique. Lequel devrait être activé dans les plus brefs délais», estime El Azami. Pour ce qui est du plan d’aménagement (PA) de la ville de Fès, ce dernier affirme que «la Ville a voté récemment l’actualisation de ce document sous la supervision du wali».

«Si 90% des orientations du PA déposé au Secrétariat général du gouvernement sont acceptées, 10% de ce plan font l’objet de requêtes qui devraient être traitées», assure le maire. Ce dernier a félicité au passage l’implication de l’AUSF dans la démarche de dématérialisation des demandes d’urbanisme ainsi que la démarche réussie du «guichet unique».

S’agissant des quartiers sous-équipés, le premier responsable de la ville a demandé au département de tutelle un appui «financier et institutionnel». De cette manière, Fès pourrait offrir une meilleure qualité de vie aux habitants du centre et de la périphérie. Notons que l’AUSF couvre les besoins en documents d’urbanisme de la préfecture de Fès ainsi que des provinces de Sefrou, Moulay Yacoub et Boulemane.

«Cette agence est un outil d’accompagnement du développement spatial», indique Abdelahad Fassi Fihri. Pour le nouveau ministre de l’Urbanisme, «cet établissement est également un partenaire de choix dans la mise en œuvre du chantier de la régionalisation avancée». Il doit, toutefois, renforcer son action, écouter les différents acteurs locaux, proposer des solutions, dynamiser les centres ruraux et assurer le développement économique escompté et l’équilibre territorial voulu. Ceux-ci selon «une démarche concertée», précise le ministre.

Pour aller vite, il est demandé aux Agences urbaines «d’encourager l’investissement et l’attractivité territoriale, assurer un développement intégré, et réfléchir aux problématiques urbanistiques des centres urbains et ruraux, selon une approche renouvelée», souligne Fassi Fihri. Et de conclure: «La finalité de cette approche est d’encourager les projets industriels, touristiques et de services, préserver le patrimoine architectural et garantir la pérennité des zones agricoles».

Une couverture frôlant les 100%

L’Agence urbaine affiche de bons résultats au titre de 2017. En effet, l’établissement a produit plus de 44 documents l’année passée. Il assure ainsi une couverture, frôlant les 100%, de la ville de Fès en documents d’urbanisme. Doté d’un budget annuel de l’ordre de 66 millions de DH, l’établissement vient de changer d’appellation. Au lieu de l’Agence urbaine et de sauvegarde de Fès, celui-ci est nommé Agence urbaine de Fès. Ce changement a été opéré suite à une doléance des élus datant de 2014 et pour qui «Agence de sauvegarde» insinuait qu’il s’agirait d’une ville qui tombe en ruine. Or, cet établissement assure une activité de développement et d’urbanisation. Notons enfin que son champ d’intervention couvre une superficie globale de 20.318 km2 et les besoins de 1,78 million d’habitants dont 75% relèvent des centres urbains.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

 

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