Economie

Enseignement: Comment mieux évaluer les performances

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5209 Le 14/02/2018 | Partager
Un projet de jumelage sur 6 mois pour renforcer les capacités de l’Instance nationale
L’évaluation, une opération complexe, qui doit se conformer aux standards, selon Azziman
Les efforts de réforme butent contre les résistances au suivi
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Omar Azziman, président du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, et Mohamed Boussaid, ministre des Finances, ont été unanimes à considérer qu’au-delà de la planification, le problème aujourd’hui est de disposer d’outils efficaces d’évaluation. Le plus important reste de mesurer l’impact sur le développement socioéconomique (Ph. Bziouat)

Avec 60 milliards de DH en 2018, soit 6,5% du PIB, le Maroc dépense plus dans le secteur d’enseignement par rapport à la France (5,5%) et la moyenne mondiale (4,2%), comme l’a souligné Mohamed Boussaid, ministre des Finances. Pourtant, les résultats restent encore loin de répondre aux exigences de qualité et d’égalité des chances.

D’où «l’intérêt grandissant pour l’évaluation de l’effectivité et de la performance des politiques publiques, à tel point que le problème n’est plus aujourd’hui de planifier et de financer, mais de mettre en place les dispositifs de suivi, pour mesurer les résultats sur le développement socioéconomique et les impacts sur les attentes de la société». C’est ce qu’a expliqué Omar Azziman, président du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, qui a organisé, hier, à Rabat, un séminaire sur l’évaluation des politiques publiques en éducation.

Même son de cloche du côté du ministre des Finances. Au-delà du suivi des performances de l’école, il a mis l’accent sur l’importance de l’impact du rendement du système éducatif au niveau du marché du travail et au sein des entreprises. Ce séminaire, qui se déroule sur deux jours, sera l’occasion de s’inspirer des bonnes pratiques à l’international.

Actuellement, le Conseil supérieur dispose d’une Instance nationale d’évaluation, dirigée par Rahma Bourkia. Cette entité va bénéficier d’un appui européen pour consolider ses compétences, dans le cadre d’un programme de jumelage avec le Centre international des études pédagogiques, présenté lors de ce séminaire.

Ce projet, qui s’étale sur 6 mois, est d’autant plus important que «l’évaluation la plus circonscrite reste une opération complexe, qui obéit à des règles précises, qui doit se conformer à des standards préétablis», a expliqué Azziman. Concrètement, les personnes en charge de l’évaluation doivent disposer d’un «niveau élevé de compétence, de recul, d’expérience et un haut degré d’objectivité et d’indépendance d’esprit», a-t-il ajouté. Au Maroc, cet effort bute contre un problème de taille. «La difficulté est plus grande là où l’évaluation n’a pas de racines dans la culture locale, où les travaux de suivi ne sont pas toujours bien accueillis».

Aujourd’hui, il s’agit de changer de paradigme. Le partenariat avec une série d’institutions, particulièrement en France, comme l’a indiqué l’ambassadeur Jean-François Girault, permettra à l’instance marocaine de profiter de cette expertise européenne. A terme, l’idée est d’aboutir à une structure à «l’autorité scientifique et morale largement reconnue», selon Azziman.

D’ailleurs, le 2e jour du séminaire sera axé sur un atelier autour des méthodes et approches modernes d’évaluation des politiques publiques en éducation». Pour le président du Conseil, il s’agit de «faire le point sur les modes d’évaluation adoptés en Europe, de réfléchir à l’environnement socio-culturel dans lequel elle se déroule, ainsi qu’à la place des spécificités nationales dans cette pratique».

Formation

La vision élaborée par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation a prévu un dispositif d’évaluation, avec des indicateurs mesurables et des analyses qualitatives. C’est ce qu’a rappelé Rahma Bourkia, directrice de l’Instance nationale. Toutefois, la production d’une évaluation de qualité requiert une série de préalables. Il s’agit notamment de connaître les défis du Maroc, les expériences internationales, parallèlement à la préparation des compétences qui vont prendre en charge cette mission. L’appui européen est présenté comme «une réponse aux besoins identifiés par l’Instance nationale, en termes de renforcement des capacités. Au total, 25 activités seront menées, durant 6 mois, dans le cadre du programme de jumelage. Après une première phase de diagnostic et de benchmark, marquée notamment par une visite d’étude en France, les bénéficiaires, essentiellement des cadres de l’Instance nationale et du ministère de l’Education nationale, auront droit à des formations dans différents domaines, dont l’analyse prospective métiers, l’exploitation du système d’information statistique, les techniques de calibrage des évaluations psychométriques. A cela s’ajoutent des stages notamment au sein d’une institution en charge de l’élaboration des études d’évaluation, axées sur l’insertion des lauréats.

 

 

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