Culture

«La Punition» de Tahar Ben Jelloun

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5208 Le 13/02/2018 | Partager
Un récit poignant d’une époque sombre du Maroc
Le calvaire des 94 étudiants de mars 1965
L’écrivain était l’invité du Rotary Club de Casablanca
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C’est devant une salle comble que l’écrivain, lauréat du prix Goncourt 1987 et membre de l’académie éponyme, a présenté jeudi dernier son récit paru aux éditions Gallimard (Ph. AFP)

«Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître», telles sont les paroles de la célèbre chanson d’Aznavour reprises par Tahar Ben Jelloun pour introduire et entamer la présentation de son dernier récit «La punition» retraçant l’une des époques les plus marquantes de sa jeunesse.

C’est devant une salle comble que l’écrivain, poète, auteur francophone le plus traduit au monde, lauréat du prix Goncourt 1987 et membre de l’académie éponyme, a présenté jeudi dernier son récit paru aux éditions Gallimard. Et ce, lors d’une conférence organisée par les deux clubs du rotary Casa médina et Casa Oasis à Casablanca sous le thème: «Que de nuits sacrées».

D’ailleurs, au cours de cette soirée, Tahar Ben Jelloun a été nommé par le Rotary Casa Médina membre d’honneur du club. Son livre a de plus été présenté en marge du Salon International du Livre et de l’Edition qui se tient encore cette semaine à Casablanca.

De quelle «Punition» de Tahar Ben Jelloun s’agit-il? L’auteur y raconte une punition d’ordre politique, la suite des manifestations d’étudiants, puis de chômeurs, de mars 1965 à Casablanca et Rabat. Des manifestations férocement réprimées et au cours desquelles pas moins de 94 étudiants ont été enfermés dans des casernes où une vie brutale, sombre, et dure leur était réservée.  Le général Oufkir en personne dirigea la répression, qui a fait probablement plusieurs centaines de morts.

Dans le récit de Tahar Ben Jelloun, «La Punition», psychologique et physique, durera 19 mois. L’œuvre raconte ainsi l’arbitraire et le calvaire des ces étudiants, subissant vexations, humiliations et mauvais traitements, jusqu’à ce que la préparation d’un coup d’État (celui de Skhirat du 10 juillet 1971) ne précipite leur libération sans explication.

Tahar Ben Jelloun narre au plus près ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses 20 ans, nourrirent sa conscience et le firent secrètement naître écrivain. Il raconte au présent, de manière factuelle, sans fioritures, sans adjectifs. «Raconter les choses telles qu’elles s’étaient passées à l’époque, au jour le jour, sans savoir ce qui allait nous arriver le lendemain», dira-t-il. Il lui a fallu du temps, près de 50 ans, pour pouvoir trouver les mots pour raconter son histoire.

En écrivant ce récit un demi-siècle plus tard,  Tahar Ben Jelloun fait non seulement un retour personnel vers le passé pour relater les faits inspirés d’événements réels et dont il a fait partie, mais dresse également une page du pays peu connue tout en opérant une comparaison avec l’évolution du Maroc d’aujourd’hui.

En évoquant la page du Maroc d’aujourd’hui, il souligne les avancées conséquentes du pays dans différents domaines comme la liberté d’expression et la liberté de réunion qui à l’époque étaient particulièrement contrôlées. 

Au cours de la soirée, Tahar Ben Jelloun s’est prêté au jeu des questions-réponses avec la salle sur divers sujets allant de ses œuvres marquantes à des conseils à la jeunesse d’aujourd’hui. Pour cette dernière désirant commencer à écrire, il les invite à lire de nombreux ouvrages afin de s’imprégner des techniques littéraires adoptées par les différents auteurs et ainsi commencer à produire des écrits pouvant impacter un large éventail de lecteurs.
O. K. avec A.E
    

 

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