Analyse

Plan d’actions communal de Casablanca: L’opposition boycotte le projet

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5208 Le 13/02/2018 | Partager
Les élus du PAM et du PI font front commun contre le maire El Omari
Ils contestent l’improvisation de la feuille de route 2022
En cas d’adoption, ils menacent d’ester en justice

«Un plan d’actions entaché de vices de forme et de fond». C’est en substance ce que reproche l’opposition au plan d’actions communal de Casablanca (PAC) qui sera soumis au vote des élus cette semaine. Ce document, qui a nécessité 2 ans et demi de travail, est loin de faire l’unanimité. Des élus de l’opposition le qualifient  même de plan «hors la loi».

Ils lui reprochent notamment d’être une simple copie conforme du plan de développement du Grand-Casablanca (PDGC), qui plus est dénote d’un manque d’imagination. «Malheureusement, il ne s'agit pas d'une simple impression, mais d'une réalité regrettable et révélatrice d'un déficit de créativité et d’une incapacité chronique de production des idées», souligne Houcine Nasrollah, conseiller istiqlalien de la ville et président de la Commission de l'urbanisme, de l'aménagement du territoire et de l'environnement. Les élus du PAM et de l’Istiqlal sont décidés à rejeter ce document jugé «irréaliste» et «non crédible».

Une ville qui croule sous les dettes

Pour contribuer au financement de son plan, le maire table en effet sur des recettes de l’ordre de 6,7 milliards de DH d’ici 2022 (soit pratiquement le double du budget actuel). «Comment une ville qui croule sous les dettes et qui a des créances en souffrance estimées à plus de 5 milliards de DH, peut-elle comme par enchantement réaliser ces recettes en 3 ans?»,  s’interroge Nasrollah, l’air sceptique.

Ce spécialiste en droit pointe une série de paradoxes et d’«anomalies» dans ce document, censé être une feuille de route à l’horizon 2022.
En plus de lister des projets vagues (dont le budget et la domiciliation ne sont pas spécifiés), le PAC ne prévoit pas de mécanisme d’évaluation et de suivi, selon ce même élu. Si le document est adopté ce mercredi 14 février, Nasrollah se dit déterminé à intenter un procès devant le tribunal administratif. Principaux griefs retenus : le PAC est adopté hors délai prévu par la loi (un an), il n’a pas été débattu en commission «Budget, affaires financières et programmation», comme le veut la procédure. D’autant plus qu’il n’est pas élaboré dans le cadre d’une approche participative…

Et puisque le PAC s’inspire largement du PDGC, le budget avancé de près de 53 milliards de DH, inclut les 33 milliards déjà comptabilisés et dont plusieurs projets arrivent à terme à partir de cette année. Or, d’un point de vue purement juridique, le PDGC a fait l’objet de conventions signées devant le Souverain et déjà validées par les élus, il ne peut être repris par le plan d’actions communal.

Le PAC s’étend, rappelons-le, sur  six ans (jusqu’en 2022). Il nécessitera un montant global de près de 53 milliards de DH, pour financer 28 programmes et plus de 200 projets. Mais la part de la Commune urbaine de Casablanca (CUC) dans ce budget ne dépassera pas les 6,8 milliards de DH (soit 12,7%). Le reste des financements sera assuré entre autres par la Région, la DGCL ainsi que d’autres partenaires institutionnels.

 

 

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