Economie

Brexit: Londres et Rabat discutent du cadre transitoire

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5207 Le 12/02/2018 | Partager
L’open-sky et l'accord régissant les échanges seront «sécurisés»
Le Royaume-Uni est l’un des tout premiers investisseurs au Maroc
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Andrew Murrison, envoyé commercial du gouvernement britannique: «Notre priorité est d’assurer la continuité pour tous les accords internationaux que l’UE a avec ses partenaires après le Brexit» (Ph. AM)

Dr Andrew Murrison, envoyé commercial auprès du Maroc (c’est son titre officiel) était en visite jeudi 8 et vendredi 9 février pour «identifier de nouvelles opportunités commerciales pour les entreprises britanniques». Après avoir enchaîné des rencontres avec des responsables gouvernementaux, Andrew Murrison a visité les ports de Tanger Med et de Tanger ville.

- L’Economiste: Comment le risque pays du Maroc est-il perçu dans les milieux d’affaires en Grande-Bretagne? Quels sont les aspects qui vous semblent améliorables?
- Andrew Murrison:
Le Royaume-Uni a une longue histoire avec le Maroc qui remonte à plus de 800 ans. Le Maroc accueille un éventail diversifié d’entreprises britanniques reconnues internationalement. G4S emploie plus de 12.000 personnes, GlaxoSmithKline et Unilever sont des investisseurs réputés et il y a une présence grandissante des cabinets d’avocats britanniques ainsi que des sociétés d'exploration pétrolières et gazières. Il y a des opportunités dans différents secteurs et je voudrais en tant qu’envoyé commercial, et avec le soutien du Ministère du Commerce International et de l’ambassadeur, voir plus d’entreprises britanniques investir ici.
J’ai vu par moi-même le développement à Tanger et particulièrement autour des ports. Je me réjouis de discuter avec les responsables gouvernementaux ainsi qu’avec les membres de la communauté du milieu des affaires de l’ambition du Royaume-Uni d’avoir une plus grande présence commerciale.
- Quel sera le futur instrument juridique qui régira les relations commerciales maroco-britanniques après la mise en œuvre du Brexit? Les deux pays ont-ils engagé des discussions?
- On cherche à réaliser une continuité dans notre commerce international et nos relations d’investissement avec les pays tiers, incluant ceux couverts par les accords de libre-échange et autres régimes préférentiels de l’Union Européenne. On est en train d’explorer avec nos partenaires des options pour atteindre ce but et assurer une sécurité aux entreprises. Lors de leur récente visite au Maroc, Alistair Burt, le ministre britannique chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et Ian Mckendrick, négociateur régional pour les dispositions transitoires du Brexit, ont respectivement discuté des dispositions transitoires du Brexit avec leurs homologues marocains.

- Que deviendra l'«Open-sky» qui lie le Maroc à l'Union Européenne, étendu actuellement à la Grande-Bretagne?
- Notre priorité est d’assurer la continuité pour tous les accords internationaux que l’Union Européenne a avec ses partenaires internationaux après le Brexit, incluant le domaine de l’aviation. Le Royaume-Uni continuera de travailler avec le Maroc et d’autres partenaires pour assurer la continuité de ces dispositions une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE; aussi bien durant la période limitée de mise en œuvre et au-delà.

Où se dirigent les investisseurs britanniques (2016)

Commerce: 1.643,2 millions de DHIndustrie: 429,9 millions de DH

Immobilier: 353,5 millions de DH

  • Commerce: 1.643,2 millions de DH
  • Industrie: 429,9 millions de DH
  • Immobilier: 353,5 millions de DH
  • Holding: 204,3 millions de DH
  • Tourisme: 61,8 millions de DH
  • Divers: 28,6 millions de DH
  • Grands travaux: 22,9 millions de DH
  • Autres services: 18,7 millions de DH
  • Energies & mines: 16,6 millions de DH
  • Télécommunications: 10,9 millions de DH
  • Etudes: 7,7 millions de DH

Source: Office des changes

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

                                                                                

Export: Leader historique, textile doublé par l’automobile

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Le Royaume-Uni est actuellement le 7e client du Maroc avec 3% des exportations. Dans l’autre sens, il occupe le 11e rang parmi les fournisseurs du Maroc avec une part de marché estimée à 2%.

La balance commerciale bilatérale déficitaire (1,25 milliard de DH pour Rabat), devrait se rééquilibrer à moyen terme avec l’accélération des exportations des voitures de tourisme, premier poste à l’export vers le Royaume-Uni (23,26%) devant les articles d’habillement, qui ont perdu leur leadership historique. Au total, les exportations marocaines vers le marché britannique se sont établies à 6,57 milliards DH (en 2016) contre 7,82 milliards pour les importations.

Si la recomposition de la structure de l’export a été portée par l’automobile, les composants électriques -«fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l’électricité»- consolident leur position avec  16,43%. Longtemps en pointe, la part de la bonneterie dans les ventes sur le marché britannique est tombée à 7%.

A l’import, le Maroc achète essentiellement des voitures de tourisme (19,33% du total), du gaz et des hydrocarbures» (15% du total) et des voitures industrielles.

 

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