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Technologies et innovation: La BID «s’engage»

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5205 Le 08/02/2018 | Partager
Une initiative qui mobilise un fonds de 500 millions de dollars
Soutenir les projets innovants développés par des promoteurs des pays islamiques
Sécurité alimentaire, gestion de l’eau, énergies renouvelables, éducation, santé… les cibles
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 Pour Hayat Sindi, Conseillère du Président du Groupe de la BID, l’objectif du lancement de ce projet vise à créer un écosystème d’innovation permettant de contribuer à la stimulation du progrès économique et social dans les pays en développement (Ph. BID)

- L’Economiste: Qu’est-ce qui a motivé le choix du Maroc pour le lancement de la plateforme «Engage» destinée à la région Mena?
- Hayat Sindi :
Le Maroc est l’une des économies émergentes dans cette région. Il a également un avantage culturel dans la mesure où il a de fortes relations avec les pays africains subsahariens sans oublier sa proximité avec l’Europe. Il fait aussi partie des pays membres de la BID leaders dans le domaine de la science et technologie.

- Que propose cette plateforme pour promouvoir l’innovation?
- En tant que première institution financière dans le monde musulman, la BID soutient les efforts de ses pays membres à travers, entre autres, le renforcement des capacités dans le domaine de la science, des technologies et de l’innovation. Notre organisme s’active à mobiliser des ressources au profit des innovateurs et sociétés de capital-risque. Nous cherchons également à mettre en place un environnement propice qui favorise le rayonnement des idées innovantes et leur implémentation au profit de la société.

- Quels sont les acteurs concernés et comment peuvent-ils en bénéficier?
- Etant conseillère pour la science et technologie, ma mission consiste à établir une roadmap pour la science, technologie et innovation et l’intégrer au niveau de la banque dans toutes ses composantes. Et ce, afin de créer un écosystème de l’innovation qui intègre science et technologie dans le design des projets financés par la Banque.
Parmi les initiatives que j’ai présentées et qui a été acceptée par le management de la BID celle qui consistait à créer un fonds de 500 millions de dollars, appelé actuellement «TransformFund». 20% de ce fonds, soit 100 millions de dollars, ont été immédiatement dotés par la BID. Ce fonds sera mis à la disposition des investisseurs, start-ups, ONG et entrepreneurs qui parviendront à concevoir des solutions pertinentes permettant de relever les défis de développement dans les pays membres de la BID. Ce qui va permettre de contribuer à l’atteinte de certains objectifs de développement durable en matière de sécurité alimentaire, gestion de l’eau, énergies renouvelables, éducation de qualité, santé et bien-être, innovation et infrastructures.

- Comment se matérialise cet engagement?
- Pour atteindre cet objectif, nous allons créer une plateforme en ligne appelée «Engage», et c’est la raison principale de ma présence ici au Maroc afin de sensibiliser les ONG, les investisseurs en capital-risque, les chercheurs, les universités et d’autres parties prenantes. La plateforme en ligne est la première de son genre dans les pays en développement. Elle a trois objectifs clés qui sont: le rapprochement des acteurs, le transfert de technologie et la promotion de l’innovation.

- Quelle procédure avez-vous adoptée pour la sélection des candidats?
- Nous allons les choisir à travers notre comité international de sélection et à travers un conseil consultatif scientifique de renommée internationale. Le lancement effectif de cette plateforme est prévu le 3 avril prochain, lors de la réunion annuelle de la BID qui se tiendra en Tunisie.

- On constate que les pays islamiques asiatiques sont plus avancés dans les technologies et l’innovation par rapport à ceux du monde arabe. Comment expliquer cette situation?
- Effectivement, les pays membres de la BID en Asie sont assez avancés dans le domaine des sciences et technologies. Cependant, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas d’esprits créatifs dans l’ensemble de nos pays membres y compris les pays les moins avancés. Etre pauvre ne signifie pas que vous n’avez pas de rêves et de potentiels pour l’innovation. C’est pour cela que nous pourrons à travers les plateformes «Transform» et «Engage» donner la chance pour habiliter tout le monde avec des idées créatives et établir des liens entre les pays islamiques les plus avancés avec ceux qui ont besoin de soutien dans ce domaine.

Mécanismes de financement

La plateforme de la BID prévoit plusieurs  mécanismes pour assurer le soutien financier des projets innovants retenus, rappelle Hayat Sindi. Au menu figure notamment  un fonds d’amorçage (Angel Fund) pour valider le concept-type et le renforcement des capacités, ou le capital risque pour le développement et la commercialisation des produits.

Propos recueillis par Noureddine El AISSI

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