Analyse

Politiques industrielles: Comment faire du Maroc une «usine verte»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5200 Le 01/02/2018 | Partager
Le CESE propose des pistes pour se positionner sur l’offre industrielle de demain
Cela passe par le renforcement de l’efficacité des stratégies
La portée de ces dernières plombée par les dysfonctionnements de mise en œuvre
politique_industrielle_00.jpg

Après la période des plans quinquennaux et de la nouvelle génération des stratégies sectorielles, le Maroc est interpellé sur la portée
de ses ambitions industrilles

En dépit des grandes ambitions affichées par les stratégies sectorielles, les politiques industrielles sont encore loin d’atteindre les objectifs escomptés. Aujourd’hui, le CESE trace des pistes d’amélioration pour renforcer l’efficacité de la stratégie industrielle du Maroc.

Le rapport, réalisé par la Commission chargée des affaires économiques et des projets stratégiques, relevant du CESE, rappelle les principaux dysfonctionnements et appelle à «une rupture profonde dans la manière d’appréhender l’industrialisation du pays». Il ne s’agit pas de se contenter d’introduire quelques mesures correctives. L’idée est de «changer de paradigme», comme le confie à L’Economiste Ahmed Rahhou, président de la Commission qui a produit ce document.

C’est ce qui permettra de «gagner en efficacité». L’un des principaux constats de ce rapport: «L’industrie marocaine est faiblement préparée au grand bouleversement induit par la 4e révolution industrielle». Le tissu productif, quant à lui, reste «étroit, fragmenté, peu agile et faiblement innovant».

Actuellement, 6 secteurs seulement contribuent à 80% de la croissance de l’industrie. C’est le cas notamment de l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring… Ces «success stories» peuvent constituer des modèles à dupliquer. L’objectif est d’éviter que le Maroc reste «pris dans le piège des économies intermédiaires».

Le constat du CESE est sans appel: «Malgré des avancées significatives, l’exécution des plans industriels continue à se heurter à des difficultés liées au manque de cohérence et de synergies avec les autres politiques publiques». Résultat: les objectifs fixés restent hors d’atteinte. Les recommandations du Conseil, présidé par Nizar Baraka, se veulent «une contribution à l’appel royal pour initier la réflexion autour de la refonte du modèle de développement».

Surtout qu’aujourd’hui, l’argument de la compétitivité coût est de plus en plus critiqué. Concrètement, il s’agit d’initier une nouvelle dynamique, afin de positionner le Maroc «à la pointe de l’innovation et de dépasser la frontière technologique pour proposer l’offre industrielle de demain». L’idée est de faire du pays une «usine verte 4.0, à l’industrie connectée, dynamique, solidaire et inclusive». Cela devra se faire selon une approche globale et cohérente.

L’une des principales recommandations du CESE est de «calibrer les bonnes institutions aux besoins du secteur privé, pour que ce dernier fasse plus et mieux». Il s’agit de favoriser l’installation d’une solide logique de partenariat entre l’Etat et le privé. Le volet formation est incontournable. Surtout que «la création de capacités industrielles va de pair avec la mobilisation de ressources humaines, impliquées dans l’innovation et l’accumulation du savoir».

Au niveau réglementaire, il s’agit aussi de créer un environnement «business-friendly». Cela devra s’accompagner d’une «protection intelligente du marché local et d’une ouverture maîtrisée à l’international, permettant une montée en charge des entreprises et leur développement stratégique à long terme».

Initier le débat

Pour le CESE, les recommandations du rapport sur les politiques publiques ne constituent pas un mode d’emploi. Il s’agit plutôt d’une plateforme pour initier un débat national, dans le cadre de la réflexion autour de la refonte du modèle de développement. Ces discussions devront porter sur une série de questions décisives, comme le rôle des différents acteurs, le renforcement de la gouvernance, la flexi-sécurité… Toutefois, certaines mesures, visant notamment de simplifier la vie des investisseurs, peuvent être lancées dans l’immédiat.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc