Entreprises

Assurance auto: Le marché digère à peine les changements de 2016

Par Franck FAGNON | Edition N°:5195 Le 25/01/2018 | Partager
Cela a pris environ dix huit mois pour intégrer les nouvelles règles de recouvrement
Le chiffre d’affaires Vie explose chez Axa Assurance Maroc
Le déploiement du Takaful attendu au 1er trimestre
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Comme d'autres acteurs, Axa Assurance Maroc va investir dans l'assurance islamique. Le déploiement de cette activité pourrait s'effectuer  au cours du premier trimestre 2018. «Nous travaillons sur cet horizon», confirme Philippe Rocard, PDG d'Axa Assurance Maroc & Axa CIMA

La faiblesse des rendements des produits bancaires classiques et les difficultés des régimes de retraite orientent de plus en plus les ménages vers l’assurance-vie. Des versements ponctuels de quelques «clients premium» expliquent aussi le dynamisme de ce segment. Les primes émises en 2016 avaient augmenté de 17%, hors élément exceptionnel (externalisation d’une caisse interne du groupe Banque Populaire chez la mutuelle Taamine Chaabi).

Dans un marché qui a progressé de 4% au premier semestre 2017, Axa Assurance Maroc a vu son chiffre d’affaires sur cette branche augmenter de 23%. L’assureur devrait maintenir une croissance forte sur ce segment sur l’ensemble de l’année. «Notre activité a été favorable en 2017, tirée par le développement du marché Vie. C’est une des locomotives du marché et cela l’a été pour Axa d’une manière remarquable», confie Philippe Rocard, PDG d’Axa Assurance Maroc et Axa CIMA(1) .

Sur les autres branches, notamment l’assurance automobile, le marché continue de bénéficier de la bonne santé des ventes de véhicules. Les compagnies d’assurances, voire les clients, commencent à peine à digérer les changements réglementaires intervenus en 2016 sur le paiement de la prime d’assurance. C’est un changement radical qui appelle à une transformation des habitudes installées depuis des années. Sur le terrain, ce n’est pas automatique.

«Il y a un temps d’adaptation assez considérable pour les intermédiaires et les clients pour s’approprier cette réglementation. Cette évolution importante a duré environ dix huit mois et n’est pas complètement achevée», relève le patron d’Axa Assurance Maroc. Les choses semblent se stabiliser depuis quelques mois avec notamment des systèmes d’autorisation permettant aux clients souhaitant étaler le paiement de la prime de pouvoir s’engager progressivement et obtenir des attestations provisoires successives. «Je pense que nous avons atteint un équilibre dans ce régime depuis fin 2017», estime le dirigeant d’Axa Assurance Maroc.

Aujourd’hui, les assureurs sont focalisés sur les chantiers réglementaires, notamment la solvabilité basée sur les risques qui est une réforme majeure dans le secteur. Il y a aussi un focus sur le développement de nouvelles activités, en particulier le Takaful. Comme d’autres acteurs, la filiale du groupe Axa va investir dans l’assurance islamique. Le déploiement de cette activité pourrait intervenir au cours du premier trimestre 2018 dès la sortie des textes d’application.

«Nous travaillons sur cet horizon», confirme Rocard. La documentation relative aux contrats et au régime qui leur sera appliqué a été finalisée. Mais le dernier mot revient au Conseil supérieur des Oulémas qui doit les valider. L’un des points encore en discussion porte sur la comptabilité du Takaful qui est différente de la comptabilité des entreprises classiques. Ce chantier devrait également aboutir dans les prochaines semaines.

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 (1) La Conférence interafricaine des marchés d’assurances regroupe quatorze pays d’Afrique de l’Ouest et centrale: Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Togo, Mali, Niger, Guinée Bissau, Tchad, Cameroun, Centrafrique, Guinée équatoriale, Congo, Gabon.

                                                                          

Application progressive de la solvabilité basée sur les risques

Parmi les dossiers majeurs en cours de discussion entre la profession et l’Autorité de l’assurance, figure le calcul de la solvabilité basée sur les risques. Jusqu’ici, la marge de solvabilité des compagnies d’assurances tient compte uniquement du risque de souscription. «En Europe, il s’est écoulé 15 ans entre la première version de la directive Solvabilité II et la version finale. Dans cet intervalle, il y a eu des échanges, des simulations, des études d’impact», rappelle Philippe Rocard, PDG d’Axa Assurance Maroc.

Le Maroc vient de rentrer dans le processus. Le dialogue n’est pas le même selon les exigences du régulateur. «Il y a des exigences qui sont plus d’ordre de gouvernance, d’organisation. Ces parties-là peuvent être discutées et testées d’une manière assez simple et pourraient avancer sans doute plus vite que des éléments qui sont très liés aux capitaux propres, aux exigences de solvabilité et qui, eux, nécessitent des études d’impact, des simulations, des échanges après la simulation avec l’autorité pour qu’elle apprécie les conséquences éventuelles du texte», relève Rocard.

«Il est possible que le texte soit adopté par morceaux. Nous pouvons imaginer une entrée en vigueur progressive pour tenir compte de la complexité relative des sujets», ajoute-t-il. Axa Assurance Maroc affiche une marge de solvabilité supérieure à 420%. Mais le passage au nouveau modèle de calcul va faire baisser ce chiffre comme pour d’autres grands acteurs du marché.

Les exigences en matière de gouvernance sont en partie inspirées de Solvabilité II, ce qui ne devrait pas occasionner de changements majeurs pour la filiale marocaine du groupe Axa. En revanche, pour les exigences quantitatives, tout dépendra des formules finales qui seront retenues. Quelle que soit la manière dont on fera les calculs, le management de la compagnie se dit prêt à basculer.                                                

 

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