Economie

Banque mondiale Le Maroc crédité de 3,1% de croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5186 Le 10/01/2018 | Partager
Un pronostic proche des institutions nationales
Climat des affaires, marché du travail, compétitivité… des réformes à accélérer
L’Egypte et la Tunisie continuent leur rattrapage, l’Algérie se redresse
croissance_maroc_086.jpg

La Banque mondiale anticipe une croissance de 3,1% en 2018 pour le Maroc. Il fera mieux que son voisin la Tunisie, mais se verra surpassé par l’Egypte et légèrement par l’Algérie. A moyen terme, le Royaume devrait être capable d’accélérer sa croissance grâce à ses réformes, la bonne performance des industries nouvelles ou encore la reprise en Europe

De 4,1% en 2017, le taux de croissance du Maroc devrait s’établir à 3,1% en 2018 et 3,2% les deux années suivantes (2019-2020). Ce sont les nouvelles projections de la Banque mondiale qui vient de publier les premières tendances de l’économie mondiale «2018 Global Economic Prospects». L’étude pousse la réflexion autour du thème «Un rebond généralisé, mais pour combien de temps?».

Le ralentissement de la croissance marocaine est aussi le scénario anticipé par la majorité des institutions nationales. Le gouvernement table sur une croissance de 3,2% en 2018. Pour Bank Al-Maghrib, elle se limitera à 3%, puis, devrait s'accélérer à 3,6% en 2019. Le constat dressé pour le premier trimestre 2018 par le HCP fait ressortir une hausse du PIB à 2,6% contre 3,8% à la même période en 2017.

Celle-ci sera tirée essentiellement par les activités non agricoles dont la valeur ajoutée augmenterait de 3,2%. Quant au FMI, il avait anticipé une croissance de 3,1% pour cette année contre 4,4% l’année dernière. La mise à jour de ses perspectives de l’économie mondiale est prévue pour le 22 janvier prochain.

Pour la Banque mondiale, le Maroc fait partie des pays où l’activité est restée solide en 2017 en partie grâce à la production agricole. Comme plusieurs pays importateurs de pétrole, le Royaume a su profiter de la baisse du cours du pétrole pour réduire les subventions énergétiques. Mais l’Etat n’est pas allé au bout de la réforme des subventions.

Cela fait qu’aujourd’hui nous assistons à une explosion de la charge de compensation, le résultat à la fois de la remontée des cours du pétrole et la consommation du gaz butane (voir aussi notre édition du mardi 9 janvier 2018). Le Maroc a pu améliorer sa position budgétaire grâce aux programmes du FMI et de la Banque mondiale. Ces efforts ont été accompagnés de réformes plus larges visant à améliorer le fonctionnement du marché du travail, le climat des affaires et la compétitivité.

Le Maroc s’en tire à bon compte. Il a été classé 69e dans le Doing Business 2018, en recul d’un rang par rapport au classement de l’année dernière. Le gouvernement s’est engagé à se hisser à la 50e place du Doing Business d’ici 2020. Pour réaliser ce défi, une feuille de route a été tracée et comporte plusieurs mesures: généralisation des guichets uniques, réforme de la loi sur les droits réels, création d’un baromètre pour le climat des affaires…

Rabat pourra poursuivre la relance du tourisme, une source de revenus importante pour le pays, si les tensions géopolitiques restent contenues. Les programmes d'éducation de la petite enfance au Maroc devraient contribuer à améliorer le niveau de la scolarité. Pour passer à la vitesse supérieure, le pays devra compter aussi sur la bonne performance des industries nouvelles (automobile, aéronautique, électronique).

L’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest peut consolider sa position dans les chaînes de valeur mondiales. Renforcer la gouvernance, améliorer le climat d’investissement, une plus grande flexibilité des taux de change aideraient à absorber les chocs. Le Maroc profiterait en outre de la reprise attendue dans la zone euro.

Les risques

petrole_086.jpg

Variables entre les pays exportateurs et importateurs de pétrole de la région, les risques pour la croissance sont d’une manière générale toujours présents. La situation géopolitique reste tendue et exacerbée par des tensions diplomatiques au sein de la région, selon les experts de la Banque mondiale. Les pays importateurs de pétrole pourraient subir les retombées des conflits armés dans les économies fragiles, notamment en Libye, en Syrie et au Yémen. Ces conflits interdisent l’accès aux services de base, comme l’alimentation, l’éducation et la santé. Les déplacements prolongés de populations dans les économies fragiles ont provoqué une crise des réfugiés, qui fragilise les économies des pays d’accueil et exacerbe les difficultés sur le plan de la santé et du bien-être. Des cours du pétrole plus faibles que prévu pourraient assombrir les perspectives de croissance des pays exportateurs de la région. Les réformes ont certes gagné du terrain, mais les incertitudes entourant «leur portée, leur profondeur et leur pérennité pourraient restreindre les effets positifs».

                                                                      

La région Mena tributaire des tensions et du pétrole

Dans l’hypothèse d’une atténuation des tensions géopolitiques et d’une légère hausse des cours du pétrole, la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) devrait s’accélérer en 2018 et en 2019, à respectivement 3% et 3,2%. La Tunisie augmente la cadence et devrait enregistrer 2,7% cette année contre 2% en 2017. Il faudrait s’attendre à près de 3,3% pour 2019 et 4% pour 2020.

En Algérie, une politique budgétaire plus expansionniste que prévu devrait stimuler la croissance à court terme (3,6% en 2018 contre 2,2% en 2017). Quant à l’économie égyptienne, elle devrait enregistrer 4,5% sur l’exercice 2018. Les réformes en cours et l’amélioration du climat des affaires stimulant l’activité industrielle et les exportations. Globalement, la croissance des pays du Conseil de coopération du Golfe devrait rebondir à 2% en 2018 contre 0,7% en 2017.

Elle est attendue à 1,2% cette année en Arabie saoudite et à 4% en Iran. Le renforcement de la consommation privée et de l’investissement devrait sous-tendre des performances d’ensemble plus fortes. En Irak, l’activité devrait redémarrer à la faveur de l’amélioration des conditions sécuritaires.

La croissance de certains pays importateurs devrait repartir en 2018. Elle sera soutenue par des réformes qui dopent la confiance des entreprises et des consommateurs et par le redressement de la demande extérieure.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc