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Analyse

Pourquoi les banques vont assurer pour cette année

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5183 Le 05/01/2018 | Partager
Moody’s confiante pour les 18 prochains mois
La croissance de l’économie induira une progression des crédits
La rentabilité boostée par la croissance des prêts
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Même s’il est difficile de réduire le taux de créances en souffrance dans l’immédiat, les banques ont maintenu et même intensifié leur provisionnement au cours des dernières années. En parallèle, elles ont amélioré leur ratio Tier 1 pour se conformer aux exigences réglementaires

Le système bancaire marocain devrait continuer à être bien orienté sur le court terme. Selon l’agence de notation Moody’s, la perspective du secteur est positive, en ligne avec celle de la note souveraine du pays.

«La solidité du cadre opérationnel, avec une prévision de croissance encore soutenue, à 3,5% du PIB réel en 2018, puis 4,5% en 2019, figurent parmi les principaux éléments qui sous-tendent notre perspective favorable», souligne d’emblée Olivier Panis, Vice-Président Senior Credit Officer chez Moody's.

Il estime, en effet, dans un tout récent rapport sur les projections des banques marocaines que «les politiques macroéconomiques saines poursuivies, la diversification des échanges commerciaux et la transformation industrielle sont propres à stimuler les exportations et investissements et doper la croissance du crédit bancaire dans le pays».

Justement sur ce point, les analystes de l’agence de notation au même titre que ceux de Bank Al-Maghrib pensent que le rythme de progression du crédit devrait s’accélérer cette année avec une croissance comprise entre 5 et 6% induite par «une hausse des besoins de financement impulsée par les investissements publics et privés».

Même si le risque de crédit est élevé, il aura tendance à s'atténuer dans un contexte où l’encours de créances en souffrance resterait élevé sur les 12 à 18 prochains mois. La concentration des prêts et la forte exposition aux portefeuilles plus risqués de prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) et à l'Afrique subsaharienne sont les principales raisons avancées par l’agence. A fin juin, les impayés atteignaient 7,4% du total des prêts bruts en juin 2017. «Nous estimons que cet encours mettra du temps à diminuer significativement», affirme Panis.

La croissance des crédits risquerait de légèrement dégrader les fonds propres des banques qui continueront à se situer au-delà des exigences réglementaires avec un ratio Tier 1 qui ressort à 11,5% pour l'ensemble du secteur. Cependant, Moody’s ne croit pas que ces fonds propres aient une capacité d'absorption importante des pertes de crédit supplémentaires. Pour ce qui est de la liquidité, elle devrait continuer d’augmenter progressivement. Le ratio  couverture des besoins de liquidité (LCR) du secteur est même bien au-delà des exigences puisqu’il était de 143% en 2016. En dépit de la montée en puissance attendue du crédit, le ratio va rester à un niveau élevé.

Dans ces conditions, les revenus de banques devraient s’améliorer portés par une croissance plus forte du crédit intérieur qui induit une augmentation des commissions ainsi que par une meilleure rentabilité des portefeuilles d'Afrique subsaharienne. Cette tendance sera partiellement compensée par l’augmentation des frais de provisionnement liés aux changements IFRS 9, par l’application de règles plus strictes de classification et provisionnement (près de 30% du résultat avant provision) ainsi que par les tensions sur les marges d’intérêt nettes.

L’instauration du régime juridique relatif aux obligations sécurisées, qui, en cours d’adoption, devrait permettre aux banques de limiter la non-concordance des échéances et les risques de taux.
Pour ce qui est du rendement de l'actif (ROA), il demeurera, comme le prédit Moody’s, relativement stable.
Les banques devraient, par ailleurs, profiter de la transition progressive vers un régime de change flexible. Et pour cause, Moody’s constate que la réforme devrait se faire de manière contrôlée et soutenir, à terme, les exportations et l'économie.

Les banques bien notées

Moody’s note 4 banques au Maroc. Il s’agit de Attijariwafa bank, BCP, BMCE et Crédit du Maroc. Elles ont une note sur l’échelle de notation internationale et en monnaie locale de Ba1 avec perspective positive pour Attijariwafa bank, BCP et Crédit du Maroc et perspective stable pour BMCE. «La note moyenne des banques est donc de Ba1, en ligne avec la notation de l’Etat», assure Panis. Ces notations incluent toute une probabilité élevée de soutien de l’Etat en cas de problèmes et une probabilité de soutien de la part du Crédit Agricole pour sa filiale. Sans cette perspective de support, la note diffère légèrement. Elle passe à Ba3 pour AWB, BCP et Crédit du Maroc et B1 pour BMCE. «Nous avons développé également une échelle de notation marocaine pour laquelle la notation du gouvernement représenterait le Aaa». Sur cette échelle, la notation des banques marocaines est Aa1.ma pour AWB, BCP et CdM et Aa2.ma pour BMCE.

 

 

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