Economie

Agro-industrie: Les agrumes et l’olivier éligibles à l’intégration

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5174 Le 22/12/2017 | Partager
Prêt de 200 millions de dollars de la Banque mondiale
Valorisation, appui aux interprofessions et réforme de la distribution, les axes
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Les agrumes et l’olivier occupent une place centrale parmi les objectifs du plan Maroc Vert. Deux filières qui ont réalisé des performances au niveau de la production mais peine toujours à renforcer leur intégration  ou encore à percer à l’export (Ph. L’Economiste)

Alors que le contrat-programme de l’agro-industrie est toujours suspendu à la publication du décret fixant les modalités des incitations, la Banque mondiale anticipe et accorde un prêt de 200 millions de dollars. Un montant  ciblant l’intégration des petits et moyens producteurs.

Approuvé jeudi dernier par le Conseil des administrateurs de la banque, le prêt concerne  en priorité deux filières: Les agrumes et l’oléiculture. Il cible également des réformes institutionnelles (marché de gros et accompagnement sanitaire). Et les décaissements se feront en fonction des résultats obtenus. (Voir encadré ci-dessous).    

L’institution financière internationale constate d’abord les performances réalisées à l’amont agricole  par certaines filières. Aujourd’hui, l’ambition est de favoriser la croissance du  secteur en améliorant la compétitivité de l’agro-industrie et l’efficacité des marchés agroalimentaires.  Le soutien financier de la banque cible l’accélération mais priorise les filières présentant un meilleur niveau d’intégration.

Baptisé «Programme de renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires», il s’attachera à créer un environnement favorable à la croissance du secteur agroalimentaire, ainsi qu’à lever les obstacles au développement de filières ciblées, souligne la Banque mondiale. Sont visés dans ce cadre,  la sécurité sanitaire des aliments, la qualité des produits et les circuits de distribution.

Il vise par ailleurs  le renforcement des capacités des interprofessions de deux filières à fort potentiel: les agrumes et l’oléiculture  via des mesures spécifiques.
L’objectif est de favoriser l’investissement privé dans les unités de transformation des agrumes, de conditionnement, du froid et de trituration des olives. De même, qu’il est prévu d’améliorer l’efficacité des marchés agroalimentaires à travers la réforme des marchés de gros et l’introduction d’outils technologiques dédiés. Il s’agit d’assurer l’accès aux informations sur les marchés de produits agricoles et agro-industriels.

Le programme a aussi l’ambition de mettre en place de nouveaux dispositifs permettant la mise en relation des petits producteurs avec les gros acheteurs.  
Pour la Banque mondiale, «ce programme est en phase avec la stratégie agricole marocaine. En soutenant les processus d’intégration, de la production à la commercialisation, il permettra de  déployer le fort potentiel que recèle l’agroalimentaire sur le plan de la création de valeur et d’emplois».

La promotion des systèmes de certification occupe également une place centrale dans le programme. Le coût élevé de ce système s’est traduit sur les dernières années par l’abandon par les petits producteurs des marchés de l’Union européenne et le recours massif au débouché russe avec son lot de risque de paiement et de droits de douane.

Enfin, parce que la réussite des  secteurs ciblés  passe par  la recherche-développement, deux centres d’innovation agroalimentaire seront mis en place pour aider les petits et moyens producteurs à diversifier leur gamme de variétés. Ces centres offriront également divers services pour soutenir la transformation de produits,  ainsi qu’un mécanisme d’aide financière destiné aux projets innovants.

                                                                   

Indicateurs d’évaluation

Le financement  octroyé par la Banque mondiale relève d’un programme axé sur les résultats. Ce qui signifie  que les décaissements seront effectués en fonction de l’obtention d’un certain nombre de résultats clés. Ceux-ci  seront évalués par les indicateurs suivants:
■ Indicateur 1: nombre d’interprofessions disposant de plans d’action approuvés et nombre d’accords interprofessionnels adoptés pour en garantir la pérennité
■ Indicateur 2: nouvelles dispositions de la loi 4-12 de 2012 sur l’agrégation agricole en cours d’application
■ Indicateur 3: nombre d’unités de conditionnement, d’installations frigorifiques et/ou de transformation nouvelles/modernisées en cours d’utilisation dans les filières ciblées
■ Indicateur 4: au moins un marché de gros est en activité et applique le nouveau modèle de gestion
■ Indicateur 5: nombre de PME agroalimentaires autorisées par l’ONSSA
■ Indicateur 6: un laboratoire national pour la production de mâles stériles de la cératite (ou mouche méditerranéenne des fruits) aidera les producteurs d’agrumes à lutter contre cet insecte ravageur
■ Indicateur 7: nombre de petits et/ou moyens producteurs/entreprises bénéficiant de l’aide des Centres d’innovation agroalimentaire (CIAA)
■ Indicateur 8: mise en place d’un système intégré de gestion financière pour améliorer la gouvernance du programme.

Source: Banque mondiale

 

 

 

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