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International

Libye: L’accord de Skhirat prend fin

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5171 Le 19/12/2017 | Partager
Pour le maréchal Haftar, le Gouvernement d’union nationale perd sa légitimité
Le GNA est le «seul cadre viable pour la paix», selon l’ONU, en attendant les élections
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«Le 17 décembre marque un tournant historique et dangereux avec l’expiration de l’accord politique libyen», a déclaré le commandant de l’armée libyenne, Khalifa Haftar, dans un discours télévisé (Ph. Sputniknews)

Pour le commandant de l’armée libyenne, Khalifa Haftar, l’accord politique libyen signé le 17 décembre 2015 au Ma­roc (Skhirat) a expiré, et «tous les corps is­sus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité contestée dès le premier jour de leur prise de fonction», a-t-il annoncé dans un discours télévisé. Cet accord poli­tique inter-libyen émargé sous l’égide de l’ONU prévoyait la formation du Gouver­nement d’union nationale (GNA).

Mais le maréchal Haftar n’a jamais reconnu ce gouvernement, dirigé par Fayez Al-Sarraj, Premier ministre de la Libye, et son ennemi juré. Théoriquement, le mandat du (GNA) a pris fin dimanche dernier. Même s’il a été sou­tenu par la communauté internationale, le GNA n’a jamais pu obtenir la confiance du Parlement libyen basé à l’est du pays, et qui soutient le maréchal Haftar. Toute­fois, le Conseil de sécuri­té de l'ONU a averti jeudi dernier que l'accord de Skhirat «demeure le seul cadre viable pour mettre fin à la crise politique en Libye», en attendant la tenue des élections pré­vue en 2018.

Suite à une réunion tripartie, qui s’est tenue dimanche dernier, les ministres des Affaires étrangères tunisien, Khemaies Jhinaoui, algérien, Abdelkader Messahel et égyptien, Sameh Choukri ont renou­velé leur soutien à l'accord politique «en tant que cadre de la solution politique en Libye». Ils accueillent favorablement la déclaration du Conseil de sécurité du 14 dé­cembre 2017 et réaffirment «le rôle central et la responsabilité politique et juridique de l'ONU».

Les trois ministres ont également souligné leur refus «de toutes ingérence extérieure en Libye et de toute tentative de n'importe quelle partie libyenne de faire dérailler le processus politique». De son côté, l'Envoyé spécial de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a indiqué que les Libyens en avaient «marre de la violence».

Ils esti­ment ainsi que seul le processus politique est une voie «vers la stabilité et l'unité de leur pays». «J'exhorte ainsi toutes les par­ties à écouter le peuple et à s'abstenir de toute action qui pourrait menacer le pro­cessus politique», a déclaré le médiateur onusien.

Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye, est souvent accusé par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir et établir, ainsi, une dictature militaire. Il a indiqué avoir été «menacé de mesures internationales fermes» s'il essayait de prendre des initiatives en dehors du cadre mis en place par la communauté interna­tionale et la mission de l'ONU en Libye.

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