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52e Sommet de la Cedeao à Abuja: «Le Maroc veut une adhésion progressive»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5169 Le 15/12/2017 | Partager
La candidature du Royaume examinée en trois phases
Implications économiques, politiques et sécuritaires

Le 52e Sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest se tiendra les 16 et 17 décembre à Abuja au Nigeria (les travaux préparatoires ont déjà démarré). A l’heure où nous mettions sous presse, il n’y avait pas d’information officielle confirmant l’examen de la candidature du Maroc à la Cedeao au cours de ce sommet. 

Une chose est sûre, le Royaume veut que son adhésion se fasse de manière «progressive et graduelle». C’est ce qu’a souligné Mounia Boucetta, la secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. D’après ses déclarations, trois phases ont été retenues pour la concrétisation de cette demande. La première d’ordre politique concerne l’accord de principe des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la Cedeao pour l'adhésion du Maroc.

La phase juridique a trait au parachèvement des mesures de l’adhésion effective. Le volet technique porte sur le lancement des négociations sectorielles entre le Maroc et l'Organisation qui prend en compte les spécificités et les intérêts des deux parties.

La démarche pour intégrer la Cedeao intervient après le retour du Maroc au sein de l’Union africaine. Pourquoi cet intérêt? La Cedeao (organisation qui a vu le jour en mai 1975) regroupe une population de plus de 320 millions d’habitants qui représentent autant de consommateurs. C’est un marché extrêmement prometteur, pour un PIB total supérieur à 700 milliards de dollars.

Elle a déjà instauré la libre circulation et ambitionne de mettre en place une monnaie unique à l’horizon 2020. Pour le Maroc, dont les entreprises et banques sont très impliquées dans les économies de la région, il s’agit d’une volonté d’être aussi un acteur dans le processus d’intégration de ces pays. Et d’assumer encore plus ses responsabilités politiques dont celles du maintien de la paix (voir aussi notre édition N° 4969 du 27/02/2017).

La demande du Maroc vient couronner les liens politiques et économiques qui existent déjà avec des Etats membres. Des centaines d’accords conclus au cours des visites royales ont donné une impulsion forte à la coopération bilatérale avec plusieurs pays. Le Maroc a en outre initié avec ses pays des projets structurants, comme le gazoduc Maroc-Nigeria à travers les pays de la région. Il vise à promouvoir l’Espace Nord-Ouest Africain en tant que zone de stabilité et de développement.

La politique commerciale de la Cedeao ambitionne de favoriser l’intégration de la région dans l’économie mondiale. Le montant des échanges commerciaux de la région se chiffre en moyenne à 208,1 milliards de dollars. Les exportations sont estimées à environ 137,3 milliards de dollars et les importations à près de 80,4 milliards.

Quelques chiffres

Le cacao et les aliments à base de cacao (5% des exportations), les pierres précieuses (3%) et le coton, les fruits, les plastiques, le bois et les produits ligneux, le poisson et les crustacés (environ 1%), constituent avec les hydrocarbures les principaux produits d’exportation de la Communauté.
■  Depuis 2008, les exportations marocaines à destination de l’Afrique de l’Ouest ont triplé, passant de 3,2 milliards de DH à 10,2 milliards en 2016. Entre 2011 et 2015, les investissements directs marocains dans cette région ont quant à eux quintuplé, passant de 295 millions de DH à 1,6 milliard.

 

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