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Entreprises

La France en quête d’investisseurs marocains

Par Amin RBOUB | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
L’Hexagone de plus en plus attractif envers les IDE
Numérique, start up, IT, efficacité énergétique, finance, services, R&D...
Une série de facilitations et incitations pour capter des hommes d’affaires

France et business font  bon ménage! Comment va l’économie française? Comment mieux investir dans l’Hexagone? Quelles sont les réformes opérées et les opportunités offertes? Autant de questions auxquelles des réponses sont apportées. C’était lors de la 3e édition de la rencontre:  «Mois de l’investissement», tenue le 12 décembre à l’espace La Factory du Technopark à Casablanca.

L’événement a de multiples enjeux liés à l’attractivité des IDE, notamment en provenance du Maroc. Il s’agit  d’une plateforme d’échanges pour «valoriser l’investissement dans l’Hexagone, déconstruire les idées préconçues, examiner les pistes de collaboration ou encore présenter des repères et indicateurs sur l’économie française.

Le tout dans un contexte de fortes transformations sur les plans politique, économique et social», explique Marie-Cécile Tardieu, chef du Service économique régional. Depuis l’élection du Président Macron, la République privilégie plus la notion de transformation à celle de réformes.

Pour tout investisseur étranger soucieux d’optimiser son implantation dans l’Hexagone, il est fondamental de s’enquérir d’indicateurs qui renseignent sur la performance et les spécificités du modèle économique français. A titre d’exemple, la France occupe le rang de 6e économie mondiale. C’est le 2e marché en Europe.

L’Hexagone est dans le 7e rang mondial en termes de stock d’IDE sur son sol. Plus de 25.000 entreprises étrangères y sont installées. Elles emploient près de 2 millions de personnes. Depuis la crise de 2008, le PIB a progressé de près de 6%. Les perspectives de croissance sont de l’ordre de 1,7% par an!

Aujourd’hui, les experts s’accordent à dire qu’il y a un retour de confiance et de compétitivité. C’est fondamental dans une économie. Ce qui s’est déjà traduit par un retour de la consommation et du pouvoir d’achat auprès des ménages, ainsi qu’une amélioration du climat des affaires.  Le nouveau contexte économique lève également de nombreux blocages, tient à préciser Stéphane Lecoq, directeur Marchés Invest à Business France.

L’effet Brexit commence déjà à profiter à la France avec des replis ou des relocalisations d’entreprises à Paris, notamment. «La France est bien positionnée pour capter des entreprises et organismes qui étaient basés à Londres. D’ailleurs, nous assistons déjà à un recentrage des activités de Londres vers Paris», confirme Stéphane Lecoq. Autre atout, l’attractivité des territoires français.

C’est un marché de 66 millions de consommateurs à fort pouvoir d’achat, qui est positionné au coeur de l’Europe  (entouré de grandes économies comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Benelux...) Ce qui en fait une plateforme privilégiée pour les régions Moyen-Orient et Afrique. En plus de la dimension européenne avec Strasbourg qui est la 3e capitale de l’UE.

Au-delà du marché européen, la France  dispose du 3e réseau ferroviaire le plus performant d’Europe et de hubs aéroportuaires et maritimes, qui facilitent la possibilité de se projeter vers le Proche, le Moyen-Orient et l’Afrique.  La force réside aussi dans la démographie avec une croissance annuelle (0,6%) supérieure à la moyenne des pays d’Europe et  d’Asie centrale. En 2016, la France a enregistré le taux de fécondité le plus élevé d’Europe.

La qualité de la main d’oeuvre formée est aussi un avantage considérable. La République investit près de 5% de son PIB dans son système éducatif. Ce qui renseigne sur la disponibilité des RH et des talents. Il va sans dire que Paris offre un cadre de vie privilégié. Elle occupe la 5e place des capitales mondiales offrant la meilleure qualité de vie, grâce à sa stabilité et sa vocation culturelle. L’Hexagone dispose également d’atouts en tant que 1re place financière de l’Europe.

C’est aussi la 1re place européenne de capital-risque, avec 2,7 milliards d’euros levés. Quatre banques françaises sont classées au top 20 mondial.  Sur le registre du numérique, la France est devenue la Silicon Valley de l’Europe, en termes d’attractivité de start up. Un écosystème attractif avec plus de 1.200 entreprises du Fintech. 

Un fonds public de 10 milliards d’euros est dédié à l’innovation, aux start up et à l’industrie. Autre challenge, favoriser l’investissement dans l’efficacité énergétique via le plan climat et l’initiative «Make our Planet Great Again». Une réplique de Macron à Donald Trump qui a décidé de se désengager de l’Accord de Paris.

Sur le registre des réformes, une série de mesures ont été prises pour faciliter l’investissement. L’enjeu est de libérer les forces créatrices de l’économie, éliminer les rigidités et injecter partout de la souplesse. Pour rendre la France plus compétitive et attractive, il a été décidé de baisser l’impôt sur les sociétés, pour passer de 33 à 25% en 2022.

L’intérêt étant de pérenniser la baisse des charges tout en renforçant la compétitivité. Côté environnement des affaires, l’Etat privilégie la notion de «Business and finance friendly».  En clair, améliorer la relation avec l’administration, simplifier les procédures et le cadre réglementaire.

French Tech

La French Tech est une initiative mise en place par l’Etat français pour renforcer la dynamique et la restructuration de l’écosystème de start-ups et intensifier son rayonnement à l’international. Elle a enregistré une hausse de 220% en termes du nombre de création de start up entre 2012 et 2015. «C’est un écosystème qui se développe sur l’ensemble du territoire et même dans des départements d’Outre Mer», précise Stéphane Lecoq. L’écosystème French Tech comprend un réseau de 18 métropoles digitales, y compris quatre positionnées dans des thématiques très spécifiques. Pour aller plus vite, la France finance les technologies du futur avec un plan d’investissement de 50 milliards d’euros (surtout pour les projets liés à la transformation numérique, l’industrie, l’agriculture...)

Ces entreprises qui ont déjà franchi le pas...

De nombreuses entreprises marocaines ont déjà franchi le pas d’investir en France. Les services et centres d’appels arrivent en premier. Parmi les entreprises déjà opérationnelles, figurent Intelcia, Outsourcia, Phoneo... Dans l’IT, il y a Data Protect, Lissilabs, M2T, Proactech, Social Impulse ou encore la start up Peaqock Financials, Teledyne. Dans l’agroalimentaire, la France a accueilli Damandis, Myamane et Unimer. Côté industrie, des entreprises telles que Aixor, l’OCP, Sefita, Delta Holding... opèrent depuis des années.

 

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