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Competences & rh

Lecture et compréhension Les élèves marocains toujours parmi les derniers

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5166 Le 12/12/2017 | Partager
Leur score s’améliore, mais reste très bas, selon l’enquête Pirls
Le Maroc compte le plus d’écoliers dont le niveau est trop faible pour être évalué
Près des deux tiers sont scolarisés dans des écoles sans librairie et sans ordinateurs
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Tous les pays arabes de l’échantillon étudié se retrouvent en bas du classement. Cette année, le Maroc a gagné deux places dans le ranking pour se classer 48e sur un total de 50 pays

319.000 élèves de 4e année du primaire issus de 50 pays ont été évalués par la célèbre enquête internationale Pirls en lecture et compréhension. Parmi eux, 11.000 écoliers marocains (360 écoles) ont été testés. Certes, les résultats publiés la semaine dernière font état d’une amélioration des performances des enfants marocains en lecture et compréhension en arabe.

Leur score est passé de 310 en 2011 à 358 en 2016, soit un gain de 48 points. Néanmoins, il s’agit d’un effet de rattrapage. En 2001, le score du Maroc était de 350. Cela signifie qu’en 16 ans, le pays n’a véritablement gagné que 8 points. Les filles se distinguent. Leur score est de 372 points (326 en 2011), contre 344 (296 en 2011) pour leurs camarades garçons. C’est aussi le cas dans 48 pays sur 50.

Dans cette édition 2016, le Maroc fait partie des 18 pays ayant le plus amélioré leur résultat. Toutefois, cela ne lui a pas permis de grimper plus haut dans le classement. Le pays, qui a gagné deux places, fait partie des 3 derniers de la classe (voir tableau). Sur 50 pays de l’échantillon, il est 48e, en lecture littéraire et informationnelle, ainsi qu’en compréhension.

Le ranking, renouvelé chaque 5 ans, et auquel le Royaume participe depuis 2001, confirme encore une fois l’ampleur de la faillite de son système éducatif. Aucun élève marocain évalué n’a pu atteindre le niveau avancé en lecture (26% en Russie et 29% à Singapour, qui sont au top du classement).

3% seulement ont obtenu le grade élevé (70% en Russie et 66% à Singapour), 14% celui intermédiaire (94% en Russie et 89 à Singapour) et 36% le niveau faible (99% en Russie et 97% à Singapour). Par ailleurs, 16% présentent  des acquis trop faibles pour être évalués. C’est le taux le plus élevé de l’échantillon. Dans les autres pays, il varie entre 0 et 8%. 

Même si le Maroc fait partie des dix pays qui consacrent le plus d’heures par an à la lecture et à la langue du test, en l’occurrence l’arabe classique (1.036 heures), uniquement 31% se disent très à l’aise en la matière. 42% plus ou moins et 27% pas à l’aise du tout.

Le tiers des parents n’aime pas lire

Outre les lacunes pédagogiques, plusieurs éléments permettent d’expliquer ces piètres performances. 63% des élèves sondés sont, par exemple, scolarisés dans des écoles sans librairie, et 61% ne disposent que de très peu de ressources de lecture à la maison. Leurs parents, pour leur part, ne sont pas de grands lecteurs.

Seulement 22% déclarent aimer beaucoup lire, tandis que près du tiers (31%) avance détester la lecture. Là encore, c’est le pire taux, après celui de l’Egypte (33%).  «L’apprentissage de la lecture dépend de l’expérience langagière précoce des enfants.

La ou les langues parlées à la maison peuvent avoir une influence importante sur le développement de la lecture et de l’écriture», expliquent de leur côté les experts de Pirls. Or, 47% des écoliers marocains sondés ne parlent jamais l’arabe classique chez eux. 26% affirment le pratiquer de temps à autre.

Les instituteurs, quant à eux, ne s’investissent pas suffisamment dans le domaine. 66% d’entre eux n’ont consenti aucun effort de développement professionnel lié à la lecture durant les deux dernières années. 7% y ont consacré plus de 6 heures sur la période.

Côté numérique, seuls 6% des enfants ont accès à un ordinateur pour les leçons de lecture. Uniquement 1% des élèves sondés sont dans des classes où il y a un ordinateur, et 5% dans une école où un ordinateur peut être partagé.  67% étudient dans des écoles ne possédant aucun ordinateur susceptible d’être utilisé par les élèves.

Par ailleurs, l’excellence est loin d’être l’esprit régnant dans les écoles marocaines. Directeurs et enseignants le reconnaissent. Ceux estimant que leurs élèves ont fréquenté des écoles très fortement axées sur la réussite scolaire sont minoritaires (2% des directeurs et 3% des profs). En revanche, 81% des directeurs et 74% des enseignants avancent que leurs écoliers sont passés par des établissements mettant moyennement l’accent sur la réussite scolaire.

Malgré les déboires de l’école marocaine, paradoxalement, 65% des parents affirment en être satisfaits. 28% en sont «plus ou moins» satisfaits et seuls 6% en sont insatisfaits. Les enfants, eux, y témoignent un fort sentiment d’appartenance (85%, parmi les trois plus élevés de l’échantillon).

 

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