Culture

Une Afrique ingénieuse et créative à la «Galerie H»

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5153 Le 22/11/2017 | Partager
Une exposition d’artistes du Maroc et du reste du continent
Un seul fil conducteur: L’Afrique
Une alliance entre le design et l’artisanat
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Ingénieuses, les œuvres de Hamad Ouattara, ne sont pas uniquement des objets d’art, elles représentent également pour lui un prétexte pour créer de l’emploi chez les jeunes Burkinabés et insuffler de la créativité dans ce secteur (Ph. Abo)

Si le design s’est développé au fur et à mesure que l’industrie a pris le pas sur l’artisanat, faisant paraître ce premier comme une activité contradictoire avec le savoir-faire traditionnel, la réalité est que le design peut être également un moyen de redynamiser la création artisanale et de renforcer son identité. C’est, d’ailleurs, à cette délicate mission que s’est attaché la «Galerie H» à Casablanca.

L’espace, créé à l’initiative du groupe Holmarcom, s’attache à promouvoir les œuvres d’artisans et leur collaboration avec des designers marocains. Leur démarche commune vise à tirer les savoir-faire traditionnels vers la modernité et à revivifier mobiliers, matériaux, objets et accessoires, pour préserver et projeter vers l’avenir la quintessence de notre art de vivre.

A mi-chemin entre la galerie d’art et le concept store, le lieu donne à voir régulièrement des expositions où artistes designers et artisans créateurs, proposent un nouveau regard, imaginent de nouvelles façons de vivre, de nouveaux usages aux objets du quotidien. Pour sa 5e exposition, la galerie s’est laissé séduire par la créativité du continent africain.

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Le travail de Soukeina Hachem propose un salon marocain revisité dans une approche très minimaliste qui rappelle la rigueur berbère (Ph. Abo)

«Nous souhaitons célébrer toute la diversité et l’élégance de l’Afrique, car elle a beaucoup à apporter au monde de la création et du design», précise Mohamed Hassan Bensaleh, le PDG du groupe Holmarcom, lors du vernissage de l’expo-vente, le mardi 21 novembre et qui se poursuit jusqu’au 28 juillet 2018.

«Inspirations Africaines», c’est le nom de l’exposition, réunit 5 designers. Il s’agit des marocains, Mehdi Khessouane, Soukeina Hachem et Rabi Sisbane, du burkinabé Hamed Ouattara et du congolais, résidant au Maroc, Ulrich Zouanda. Chacun des artistes s’est inspiré de son environnement mais avec une ligne directrice: L’Afrique. Résultat: des idées à revendre et  des créations originales qui recourent aussi bien à la récupération qu’aux matériaux nobles et qui  ont de quoi séduire.

Quand Soukeina Hachem interpelle les identités africaines et marocaines, à travers le langage amazigh, dessiné comme une expression ou une narration de la vie des femmes sur des supports comme la poterie, le tissage… cela donne une collection de meubles modulaires intitulés «Khoutoutes» (Lignes).

L’artiste y interprète librement le fameux salon marocain qu’elle  revisite dans une approche très minimaliste qui rappelle la rigueur d’un Beni Ouarïn. Mehdi Khessouane, lui rend particulièrement hommage au Sahara atlantique. La rencontre de la mer et du désert, le jeu intense des grandes marées, l’eau  et les dunes dorées, ont inspiré le designer, globalement très sensible aux enjeux environnementaux.

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La rencontre de l’océan et du désert a inspiré le travail de Mehdi Khessouane dans ce sofa «Mélange» telles des vagues tourbillonnantes, ou encore la suspension représentant l’eau et le sable, réalisée en plastique recyclé (Ph. Abo)

«Océan Sahara», est une collection de meubles où des vagues s’entremêlent et tourbillonnent pour former un sofa, où la houle dépose un banc de sable constituant une assise confortable et où le ressac se transforme en tapis «boucharwite» circulaire. Même souci écologique chez le burkinabé, Hamed Ouattara, qui a développé le concept de «design social»: l’utilisation de matériaux trouvés dans la rue et la valorisation du savoir-faire local pour la création de mobilier design et moderne.

Avec cette ingéniosité, propre aux artistes africains qui commencent à inspirer les créateurs occidentaux, les œuvres de Ouattara ne sont pas uniquement des objets d’art, elles représentent également pour lui un prétexte pour créer de l’emploi chez les jeunes Burkinabés et insuffler de la créativité dans ce secteur. Jerricanes et autres objets métalliques divers se transforment, sous la direction du designer, en canapé, bahut, tables basses ou cadres de miroirs.

L’artiste a insufflé pour l’occasion, quelques références marocaines à la collection présentée à la «Galerie H». A mi-chemin entre l’art abstrait et le figuratif, les personnages créés par Ulrich Zouanda expriment des formes tantôt animales, tantôt humaines faites de fil de fer.

Le tout se transforme en  lampadaire-girafe, salon-animaux... Le deuxième autodidacte de la sélection est Rabi Sisbane. Détournant les objets les plus classiques pour leur donner un aspect résolument contemporain, Sisbane n’hésite pas à se jouer des styles et des époques. Puisant ses inspirations dans le patrimoine marocain qu’il ponctue de références africaines, le jeune designer, propose une collection, où le Maroc traverse le Sahara, pour aller à la rencontre de ses racines.

 

 

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