Economie

Fitch livre ses perspectives de croissance

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5125 Le 12/10/2017 | Partager
Le PIB progresserait de 4,6% en 2017 et 3% en 2018
Le déficit budgétaire lui baissera à 3,6% en 2017 et à 3,2% en 2018

Le Maroc est dans les petits papiers de Fitch Ratings. L’agence de notation, qui vient tout juste de maintenir son investment grade (BBB) du pays avec perspectives stables, est assez optimiste pour l’économie marocaine sur les deux années à venir. Il faut dire que le Maroc bénéficie d’une stabilité de son cadre macroéconomique et d’une bonne maîtrise de son  déficit budgétaire par rapport aux autres pays de la catégorie investment grade.

Les analystes de Fitch constatent un redressement de la croissance cette année par rapport à 2016 avec un retour de la pluviométrie. D’où une prévision de progression du PIB entre 2017 et 2019 en moyenne à 3,8% qui demeure bien au-dessus de la moyenne (2,9%) des pays notés BBB. Celle-ci devrait profiter du rebond de la production agricole qui augmenterait, selon Fitch, «de 187% au cours de l’exercice actuel avant de diminuer en 2018, une fois les effets favorables épuisés».

De l’autre côté, la croissance du secteur non agricole se revigorera avec la reprise de l’emploi dans le secteur agricole, la baisse des prix alimentaires et l’activité, plus soutenue, dans la zone euro. Fitch estime, dans ces conditions, que la croissance du PIB va s’accélérer de 1,2% à 4,6% en 2017 avant de retomber à 3% en 2018.

Ceci dit, l’agence d’évaluation considère que les objectifs en matière de réduction de la dette globale vont être décalés d’une année en raison de l’attentisme suite au retard de formation du gouvernement. Justement, Fitch pense que ramener la dette du pays de 64,7% à 60% du PIB ne devrait pas se faire avant 2021. Dans ce même sillage, les analystes de l’agence de notation s’attendent à la poursuite de consolidation budgétaire, mais à un rythme «plus lent que prévu par le gouvernement».

Ceci dit, le déficit du Trésor va continuer à se résorber passant de 4,1% en 2016 à 3,6% du PIB en 2017, conformément aux objectifs. Fitch attribue cette évolution à des facteurs conjoncturels comme la progression des recettes fiscales. En prévision, le déficit budgétaire devrait être réduit à 3,2% en 2018.

Suivant la même tendance, la situation extérieure du pays va s’améliorer lentement également. «Nous prévoyons que le déficit du compte courant passe de 4,4% en 2016 à 3,8% en 2019, reflétant l’amélioration progressive du déficit commercial structurel», projette Fitch qui estime que les exportations manufacturières vont continuer à progresser, soutenues par l’expansion des industries émergentes et la pénétration de nouveaux marchés à travers l’Afrique.

Ces éléments positifs sont contrebalancés par des indicateurs de développement et de gouvernance faibles par rapport au benchmark de Fitch. Le PIB par habitant reste, en effet, nettement inférieur aux autres pays des médianes «BBB» et «BB». Même les perspectives de croissance à moyen terme limitées par les obstacles à la concurrence, le vaste secteur informel, la corruption perçue et le faible taux d’activité représentent des risques à prendre en compte. Sans parler du chômage des jeunes qui reste élevé.

Maintenir les réformes

Pour garder la confiance de Fitch et maintenir sa notation, le Maroc doit poursuivre la réduction de la dette des administrations publiques par rapport au PIB, améliorer la situation de la balance des paiements tout en baissant la dette extérieure et mettre en œuvre les réformes structurelles renforçant le potentiel de croissance et conduisant à une amélioration des indicateurs de développement.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc