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Economie

La jeunesse, priorité des priorités pour la Banque mondiale

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
La stratégie du gouvernement a du sens, selon Hafez Ghanem
Dans le classement TIMSS, le Maroc parmi les derniers
«Les jeunes doivent acquérir la capacité de poser des questions, de résoudre les problèmes, d’avoir de l’imagination…»

«Après les 120 premiers jours, c’est le bon timing pour un premier contact avec le gouvernement et pour préparer des notes, surtout que nous sommes en phase de démarrage de notre stratégie d’appui au Maroc», souligne Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région Mena, qui a terminé sa visite du Maroc avant de s’envoler vers la Libye, via la Tunisie. Au cours de ce déplacement à Rabat, Hafez Ghanem s’est entretenu avec le chef du gouvernement et le conseiller royal Yassir Zenagui.

Lors d’une entrevue informelle à Rabat, Hafez Ghanem a d’emblée décliné son avis: «Les quatre priorités du gouvernement sont bonnes. Au Maroc comme dans la région, la priorité des priorités est la jeunesse.  Nous avons des centaines de milliers de jeunes qui entrent chaque année au marché du travail. Si nous ne réussissons pas à créer des opportunités afin de leur donner de l’espoir pour un meilleur avenir, ils seront déçus et frustrés. Et nous avons vu les conséquences en termes d’insécurité et d’instabilité politique et sociale».

Les priorités axées sur la jeunesse, l’éducation, la création d'emploi et la santé font partie d’«une stratégie qui a beaucoup de sens. Nous allons l’appuyer à travers des projets. A la Banque mondiale, nous avons deux instruments majeurs: l’appui technique et le partage des connaissances ainsi que le soutien financier», note le vice-président. Selon lui, l’avantage comparatif de la Banque est de travailler partout dans le monde. Il donne l’exemple concret de l’équipe du ministère de l’Intérieur qui est partie en Inde pour travailler sur la question du ciblage. Pour sa mise en œuvre, il est possible de nouer  un partenariat avec les Indiens pour éviter les écueils.

Sur «le miracle éducatif» évoqué par le rapport de la Banque mondiale qui avait provoqué un tollé au gouvernement il y a quelques mois, Hafez Ghanem a été direct: «le Maroc peut et doit le faire. Les difficultés de l’enseignement sont très aigües dans la région arabe et ici, c’est très problématique». Selon lui, le début du XXIe siècle a marqué l’expansion de l’éducation au niveau quantitatif.

«C’est une bonne chose mais, quand nous avons mis l’accent sur l’expansion du système, nous avons oublié un peu l’aspect de la qualité. Dans les pays arabes, le problème est difficile. Quand on regarde les résultats des tests de TIMSS (Trends International Mathematics and Science Study), il n’y a pas un pays arabe qui a la moyenne.

Le Maroc arrive juste avant le Koweït et l’Afrique du Sud, les derniers de la classe. Selon Ghanem, un pays comme le Maroc, qui a un taux d’investissement très élevé, avec de nombreux atouts, a besoin de renforcer et d’améliorer son système. Outre les problèmes d’apprentissage des langues, des maths et des sciences... les jeunes ont besoin d’acquérir «la capacité de poser des questions, de résoudre les problèmes, d’avoir de l’imagination, travailler en équipe et d’avoir le sens de l’entrepreneuriat. Ces capacités sont importantes pour le marché de l'emploi et le développement social et civique», soutient le vice-président.

Fichier des personnes vulnérables

Le projet que la Banque mondiale est en train de mettre en place porte sur le registre social. Celui-ci s’appliquera à deux programmes: Taysssir pour l’éducation et le Ramed pour la santé. Tout le monde a pris conscience de l’existence d’un problème de ciblage sur ces deux programmes. Cependant, il faudra attendre deux ans, le temps de mettre en place les instruments nécessaires. La Banque procédera à une adaptation des deux programmes en utilisant le fichier des personnes vulnérables.

                                                                              

Education: En bas de l’échelle

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Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région Mena

- Qu’avez-vous retenu de votre séjour au Maroc?
- A part l’éducation, il y a des aspects positifs de l’économie marocaine. Nous avons tendance (et c’est notre rôle) de parler des problèmes, mais cela ne doit pas cacher les avancées. En fait, j’ai retenu trois choses. D’abord, le gouvernement a défini de bonnes priorités. Ensuite, j’ai vraiment été impressionné par les investissements dans les infrastructures et par la modernisation de l’économie marocaine. Ces investissements mettent le Maroc dans une situation de pouvoir vraiment faire un saut vers un niveau plus élevé de croissance. Enfin, j’étais touché aussi par l’énergie à différentes échelles dans ce pays. Nous avons rencontré des jeunes auto-entrepreneurs, visité des coopératives… J’ai vraiment été impressionné par cette énergie, par cette capacité d’imaginer, de faire des choses.     

- Comment évaluez-vous le travail mené par le ministre de l’Education nationale?
- C’était un premier contact. Nous sommes restés au niveau stratégique. Sur cet aspect, nous sommes en phase. Mais nous nous sommes mis d’accord pour que nos équipes techniques se mettent ensemble pour regarder plus dans les détails. La première réunion de travail est prévue ce vendredi.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

 

 

 

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