Politique

Istiqlal: Baraka veut en finir avec le «Show»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5113 Le 26/09/2017 | Partager
La réconciliation et l’unité interne en tête des engagements du candidat au secrétariat général
Des mesures pour redynamiser les structures internes et les représentations locales
Baddou, Hejira, Douiri ont choisi leur camp
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Au cours de la présentation de son programme électoral, Nizar Baraka a insisté sur l’importance de «retrouver les valeurs et l’identité de l’Istiqlal». Plusieurs personnalités ont été étonnées de la ressemblance frappante entre Baraka et le leader istiqlalien Allal El Fassi, dont le portrait trônait sur la tribune (Ph. Bziouat)

Dernière ligne droite pour le prochain congrès de l’Istiqlal. A quelques jours de ce rendez-vous très attendu, Nizar Baraka se positionne en tant que principal candidat à la succession de Hamid Chabat, secrétaire général sortant de ce parti. Même si la compétition semble limitée à Baraka et Chabat, d’autres personnalités de l’istiqlal pourraient annoncer leur candidature d’ici vendredi prochain, date d’ouverture du 17e congrès.

Pour l’instant, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), est donné favori. Lors de la présentation de son programme électoral, hier à Rabat, Baraka a réussi à rassembler plusieurs poids lourds du parti, qui étaient en retrait durant les derniers mois, après la détérioration des relations avec le SG sortant, Hamid Chabat. Yasmina Baddou, Taoufiq Hejira, Adil Douiri, Abdelouahed El Fassi… ainsi que d’autres leaders istiqlaliens ont assisté à cet événement, en soutien à Baraka.

Celui-ci disposerait également de l’appui de la majorité des membres des 82 congrès locaux, selon des membres de cette formation. Après les tiraillements qu’a connus le parti de la balance durant les derniers mois, le candidat au secrétariat général a insisté sur «le rétablissement de la paix» au sein de l’Istiqlal. «La réconciliation globale, sur la base d’une autocritique», figure au centre du programme proposé par Baraka aux congressistes. Celui-ci veut rompre avec les pratiques du SG sortant. Il plaide «d’exercer la politique autrement». Concrètement, il s’agit de «couper avec les pratiques de confrontation et de privilégier l’écoute et le débat dans le cadre du respect de l’autre».

Le président du CESE a critiqué «la polarité imposée, ayant conduit à diviser les partis et à les taxer de bons ou de mauvais, dans une logique de confrontation». Cela devra se traduire également dans le discours des membres du parti. Face aux sorties tonitruantes de Chabat, Baraka semble opter pour une autre méthode. Pour lui, il est important d’en finir avec «la logique du show qui a dominé les débats politiques durant les dernières années, au moment où nous sommes attendus sur la présentation d’alternatives aux citoyens». Le candidat au secrétariat général de l’Istiqlal appelle à baser le discours des istiqlaliens sur l’idéologie du parti et ses valeurs.

Les actions de ses membres seront encadrées par une charte de déontologie. Une nouvelle instance sera créée pour faire le suivi du respect de cette charte. Au niveau de la relation avec les citoyens, le programme de Baraka plaide pour plus de proximité et d’interaction, notamment au niveau local. «Les élus istiqlaliens et les membres des coordinations locales doivent se mobiliser pour encadrer le débat public et répondre aux attentes des citoyens», a-t-il dit.

Parmi les chantiers sur lesquels il s’est engagé: la mise à niveau des structures d’accueil au niveau des inspections et représentations locales du parti. L’objectif est de renforcer son attractivité et favoriser le rétablissement de la confiance des citoyens. C’est décisif pour dépasser «la crise de médiation qui caractérise la scène partisane».

Pour lui, «les présidents des 200 collectivités locales et 2 régions dirigées par l’Istiqlal, doivent donner l’exemple». Ces derniers pourront bénéficier de l’appui des structures parallèles du parti. Les alliances des ingénieurs, économistes et avocats istiqlaliens doivent jouer un rôle de conseil pour les présidents de ces collectivités.

Transparence

La rupture avec le mode opératoire du secrétaire général sortant et le rétablissement de l’identité de l’Istiqlal semblent constituer le fil conducteur de «l’offre» de Nizar Baraka. Outre la refonte de la nature du discours de cette formation, le candidat au secrétariat général veut aussi mettre à niveau la gouvernance interne de l’Istiqlal. Il s’est engagé à instaurer «plus de transparence et de démocratie dans la gestion des structures internes». Des contrats programmes seront signés avec les structures parallèles et les représentations locales, axés sur les résultats. Un guide des procédures administratives sera également élaboré en vue de garantir la reddition des comptes. Baraka veut aussi rompre avec certaines pratiques de népotisme, en appelant à la mise en place d’un référentiel définissant les voies de promotion au sein du parti.

 

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