Economie

Prix du carburant: Les pétroliers «s'expliquent» avec Daoudi

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5048 Le 19/06/2017 | Partager
Une réunion d'information tenue la semaine dernière
25 à 30% moins cher que des pays du pourtour méditerranéen?
10 milliards de DH d'investissement sur cinq ans dont 3 milliards dans les
prix-carburants-048.jpg

Avec la libéralisation, le secteur a investi dans la mise à niveau de son réseau de 2.300 stations-service. Selon le GPM, les dépôts de stockage et les stations-service sont aux normes européennes (Ph. Jarfi)

Après les accusations, l'heure est à la clarification des positions.  Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, a reproché aux pétroliers de ne pas répercuter les variations du cours du pétrole au consommateur. Une polémique suivie d'une réunion, tenue la semaine dernière, durant laquelle le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) a apporté les explications qu'il juge nécessaires.

«Nous avons montré chiffres à l'appui et sur la base du benchmark d'une vingtaine de pays que nos prix sont 25 à 30% moins chers. Le prix Maroc reste attractif malgré la suppression de la subvention», souligne Adil Ziady, président du GPM. Depuis décembre 2015, la structure des prix réglementaires qui fixait les marges de distribution, le coût du transport ainsi que la rémunération du stockage a disparu.

Chaque société pétrolière établit ses tarifs en  fonction de ses coûts, des frais engagés faisant ainsi jouer théoriquement la concurrence. Ils varient, en principe, en fonction du cours du pétrole à l'international et les baisses comme les hausses doivent être répercutées.

«Les prix internationaux sont automatiquement appliqués sur les tarifs à la pompe. Nous avons montré les courbes relatives aux internationaux et ceux pratiqués au Maroc ainsi que leur corrélation», poursuit Ziady. Pour GPM, cette réunion a permis aussi de revenir sur les obligations des pétroliers avec la libéralisation.

C'est le cas notamment de la gestion des stocks sur laquelle ils prendraient des «risques importants». «Nous sommes obligés de prendre des couvertures contre les risques de fluctuation des matières premières et du dollar, le marché étant approvisionné par les importations uniquement. Ce qui suppose une gestion particulière», explique le président du GPM.

Les pétroliers ont également une obligation de garantir un stock de sécurité. Depuis l'arrêt de Samir, le stock de 30 jours serait suivi de près par le département de l'Energie et toutes les capacités disponibles sont mobilisées. Or la réglementation fixe ce stock à  deux mois de consommation. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes a tiré la sonnette d'alarme sur les stocks de sécurité.

Elle a relevé que l'arrêt d'activité du raffineur local porte un risque supplémentaire sur la sécurité de l’approvisionnement du marché en produits pétroliers. Un marché qui était approvisionné à parts relativement égales par les importations de produits raffinés et de ceux produits par le raffineur local. Les efforts d’investissement dans de nouvelles capacités ces dernières années n'ont pas permis de remédier aux insuffisances.

A l'exception du supercarburant qui dispose de capacités de stockage équivalentes à 79 jours de consommation, les autres produits enregistrent un déficit. «Nous disposons d'une capacité de stockage de 1,5 million de tonnes et des projets sont déposés pour des capacités supplémentaires de  1 million de tonnes», précise le Groupement des pétroliers du Maroc.

A elles seules, ces nouvelles capacités nécessiteront 3 milliards de DH d'investissements.  Globalement, le secteur prévoit d'investir 10 milliards de DH sur 5 ans. Cet effort concerne la mise à niveau du réseau, le renouvellement  de la flotte de camions ainsi que dans les nouveaux  moyens de transport notamment le cabotage et les systèmes de pipe.

 Société d'économie mixte

Une des principales recommandations de la Cour des comptes est la mise en place d'un partenariat entre l'Etat et les opérateurs pétroliers dans une société d'économie mixte qui pourrait prendre en charge une partie du stockage de sécurité.
La prime spéciale de constitution des stocks pourrait contribuer au financement de ce projet. Le montant cumulé de cette prime est arrêté à 3 milliards de DH. Ce schéma devrait être complété par la  réalisation d’infrastructures portuaires importantes pouvant accueillir des navires de grande capacité et les investissements connexes pour améliorer les capacités de réception et leur répartition sur le territoire national.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc