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Economie

Maroc-France: Sécurité, politique, une alliance jusque-là infaillible

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5045 Le 14/06/2017 | Partager
L’appui de Rabat a permis de déjouer une série d’attentats en Europe
Déterminer les modalités de coopération sécuritaire avec la nouvelle équipe
La stabilité en Afrique, un enjeu pour les deux pays
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 La visite du président français Emmanuel Macron sera l’occasion d’examiner les moyens communs pour favoriser un dénouement de la crise du Golfe. Depuis l’annonce de la rupture des relations diplomatiques, le Roi a gardé un contact permanent avec les différentes parties (Ph. AFP)

La multiplication des attentats en Europe, couplée à la montée en puissance des «loups solitaires», rendent décisif le renforcement de la coopération sécuritaire entre le Maroc et la France. La lutte anti-terroriste et contre la criminalité transfrontalière devront constituer l’un des principaux points à l’ordre du jour, lors de la visite du président français Emmanuel Macron. Les défis dans ce domaine sont immenses. Rabat et Paris ont construit, au fil des années, un véritable modèle de partenariat efficace.

Un rapprochement sécuritaire qui a donné ses fruits, notamment en permettant de déjouer une série de tentatives d’attentats sur le sol français ou européen. C’est grâce aussi à cette coopération que Paris a pu identifier et neutraliser certaines cellules terroristes. L’apport du Maroc est décisif.

Cela concerne notamment l’échange d’informations ou la mobilisation des expertises sécuritaires marocaines, relevant par exemple du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ). Après la crise diplomatique entre les deux pays ayant conduit à la suspension de la coopération judiciaire en 2014, Rabat et Paris ont rapidement tourné la page. Le partenariat sécuritaire s’est renforcé davantage sous le mandat du gouvernement Hollande.

Aujourd’hui, l’objectif est de définir les modalités de partenariat durant le mandat d’Emmanuel Macron. Le président français veut maintenir le «partenariat exceptionnel» avec le Maroc. Cela doit passer par la détermination des priorités de la prochaine période. Surtout que jusque-là, quelques incertitudes persistent encore concernant l’approche privilégiée par la nouvelle équipe au pouvoir.

Au-delà de l’aspect bilatéral de la coopération sécuritaire, la visite de Macron sera aussi l’occasion d’examiner les moyens pour endiguer la menace terroriste en Afrique. Le rôle du Maroc a été décisif dans la bataille menée contre Al Qaida au Mali, notamment en ouvrant son espace aérien aux avions de chasse français. Rabat et Paris pourront jouer un rôle majeur dans ce dossier, surtout face à la fragilité des Etats du Sahel, favorisant la transformation de cette zone en nouvel Afghanistan pour les mouvements terroristes.

Sur la question de l’intégrité territoriale, la position de la France restera inchangée. C’est ce qui ressort des déclarations de membres de la nouvelle équipe. Sur ce dossier, l’appui de Paris a souvent été décisif. C’était notamment le cas lors de l’examen de la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara. L’ambassadeur français auprès des Nations unies s’est mobilisé en soutien aux positions marocaines, notamment au plan d’autonomie, considéré comme «une base sérieuse et crédible pour une solution négociée». Paris est consciente que le règlement de ce différend artificiel est essentiel pour assurer la sécurité et la stabilité de la région.

Il faut dire que les deux pays semblent en accord sur plusieurs dossiers. C’est le cas notamment de l’actuelle crise du Golfe. Cette affaire sera certainement l’un des principaux sujets des entretiens avec le Roi. Depuis le début de la crise, le Souverain a maintenu un contact permanent avec les différentes parties. Le Maroc a annoncé sa disposition à offrir ses bons offices.

Des signaux positifs ont été envoyés, notamment avec l’acheminement de produits alimentaires vers Doha, sur instructions royales. Des gestes instaurant la confiance et favorisant la réussite d’une médiation. La rencontre entre le Roi et le président français sera l’occasion d’examiner les options qui s’offrent pour aboutir à un dénouement.

Soft-power religieux

A l’instar de pays africains, Paris a sollicité l’expertise marocaine en matière de formation des imams. Des premières promotions ont rejoint Rabat pour des cursus de trois ans. L’objectif est de favoriser la propagation d’un islam modéré, qui tranche avec l’obscurantisme lié à certaines idéologies, notamment salafistes. Dans quelques années, «l’islam modéré sera dominant», selon les dirigeants de l’Institut Mohammed VI de formation des imams. C’est un levier efficace pour la lutte contre la pensée extrémiste. Rabat et Paris semblent mener le même combat. La lutte anti-terroriste ne peut se limiter aux aspects sécuritaires. Il est décisif que le combat soit aussi sur le terrain des idées. Les deux pays pourront renforcer leur partenariat, notamment à travers l’échange d’expériences et de bonnes pratiques. La Rabita Mohammedia des Oulémas, par exemple, mène un travail qui pourrait être dupliqué, en matière de déconstruction du discours terroriste.

 

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