Politique

Al Adl Wal Ihsane veut s'emparer d'Al Hoceïma

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5044 Le 13/06/2017 | Partager
Le mouvement fortement mobilisé dans la marche de Rabat
Moins de monde qu’en 2011
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Les participants à cette marche en soutien avec les revendications des populations d’Al Hoceïma, ont scandé des slogans rappelant ceux portés lors des manifestations du Mouvement du 20 février, dont la liberté, la dignité, et la justice sociale (Ph Jarfi)

Liberté, dignité, justice sociale. Des slogans scandés lors de la marche organisée en soutien au «hirak» du Rif, dimanche dernier à Rabat. Les manifestants, qui ont envahi les artères du boulevard Mohammed V, en provenance de Bab El Had, ont repris en chœur des revendications qui rappellent celles portées, il y a quelques années, par le Mouvement du 20 février.

Pour certaines ONG, c’est l’une des plus grandes marches depuis 2011. Le nombre des participants a fait l’objet de toutes les spéculations. Les appréciations les plus rationnelles avancent des chiffres entre 10 à 15.000 manifestants (8.000 selon les estimations de L’Economiste). Ce qui n’a pas empêché des estimations farfelues, parlant de 100.000 participants ou encore d’un million de manifestants.

Ce genre de manifestations est souvent l’objet d’une bataille des chiffres. Surtout qu’il s’agit d’un événement pouvant faire l’objet de récupération politique de la part de certaines parties. Al Adl Wal Ihsane a marqué son grand retour à travers cette manifestation. C’est une véritable démonstration de force, qui fait écho au bras de fer de ce mouvement islamiste avec l’Etat durant les derniers mois.

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La Jamaâ de feu Abdeslam Yassine est connue pour ses grandes capacités de mobilisation. Ses membres étaient très visibles. Ils constituaient l’essentiel des participants. La séparation entre hommes et femmes était de rigueur. Certaines de ces dernières, occupant la première rangée, étaient accompagnées de leurs bébés.

D’autres participants provenaient, quant à eux, des différentes mouvances de la gauche, des ONG de défense des droits de l’Homme ou des associations amazighes. Des syndicats étaient également de la partie, dont l’ODT. Plusieurs citoyens ont également pris part à cette marche, en soutien aux revendications sociales et économiques des populations d’Al Hoceïma.

Sur toute la longueur de la manifestation, de Bab El Had jusqu’au siège du Parlement, aucun incident n’a été signalé. Les forces de l’ordre ont fait preuve de discrétion, observant la situation sans intervenir. Les manifestants, eux aussi, ont évité tout débordement. La plupart des commerces sur le boulevard Mohammed V sont restés ouverts.

Petits échos...

Quiproquo entre manifestants à Paris: ils se sont retrouvés côte à côte pour soutenir le mouvement de revendication sociale qui secoue Al Hoceïma depuis 7 mois (voir ci-contre). Mais pas avec les mêmes visées visiblement. «Ce rassemblement de soutien (...) s’est transformé, dimanche 11 juin devant l’ambassade du Maroc à Paris, en un manifeste clairement hostile sous les "drapeaux" du Polisario», rapporte Atlasinfo.fr. Au moment où «un autre groupe manifestait son attachement à l’unité des Marocains et à l’intégrité territoriale du Maroc», ajoute le site d’information.
A la Haye, ce sont un millier de Marocains qui se sont réunis samedi dernier pour exprimer leur soutien au «Hirak» (manifestation) du Rif, selon Yabiladi qui cite le site néerlandais Den Haag. Une marche pacifique s’est tenue jusque devant l’ambassade du Maroc aux Pays-Bas. «Il n’y a pas eu vraiment de manifestation à Tanger. Quelques  voitures  ont circulé samedi tout en arborant le drapeau marocain comme lorsque l’équipe nationale de football gagne un match », selon notre correspondant.

 

 

 

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