International

Santander au chevet de Banco Popular

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5043 Le 12/06/2017 | Partager
La première banque d’Espagne rachète la 7e pour un euro symbolique
L’opération va lui permettre de se renforcer sur le marché de la PME
Elle va aussi éviter la contagion des crises bancaires aux Etats

Ce n’est pas fréquent de voir la Banque centrale européenne (BCE) annoncer le rachat d’une banque par une autre. Mais dans le cas de Banco Popular qui vient d’être rachetée par Santander pour un euro symbolique (cf. L’Economiste du 8 juin 2017), les choses sont quelque peu différentes.

En effet, le rachat qui intervient dans un contexte où Banco Santander est au bord de la faillite entre dans le cadre de la première utilisation de l’article 18 du Mécanisme de résolution unique (MRU), un mécanisme créé pour éviter la contagion des crises bancaires aux Etats. Il s’agit de la première décision de ce type pour la BCE, qui gère également ce mécanisme dont l’objectif est de solutionner de manière ordonnée les défaillances des banques en affectant le moins possible le contribuable et l’économie réelle.

Or la BP espagnole, qui est en plein naufrage boursier, est, selon la BCE, en état de faillite ou de faillite probable. «La détérioration significative de la liquidité de la banque ces derniers jours a conduit à établir que l’entité aurait, dans un futur proche, été incapable de rembourser ses dettes ou d’honorer d’autres engagements à la date d’échéance», estime la BCE. D’où l’adoption de son MRU, qui a impliqué la vente. Une vente qui va permettre de sauver Banco Popular plombée par les actifs toxiques immobiliers accumulés pendant la crise.

Mécanisme de résolution unique

D’autant plus que le choix de Banco Santander, qui détient plus de 5% des parts dans Attijariwafa bank suite à un appel d’offres, semble assez judicieux. Et pour cause, Santander est la première banque espagnole et l’une des plus importantes de la zone euro. La reprise de la BP espagnole va lui ouvrir l’accès aux marchés des PME. Son activité hors immobilier est néanmoins rentable. Avec le rachat de Popular, Banco Santander affirme devenir la banque leader en crédits et dépôts en Espagne, avec une part de marché de 25% sur les PME.

Entre-temps, tous les actions et instruments de capital de Banco Popular ont été transférés vers Banco Santander, pour un euro. Ce qui lui permet d’opérer dans des conditions normales de marché en tant que membre solvable et liquide du groupe Santander immédiatement. L’autre avantage du MRU est que l’opération se fera «sans utilisation de fonds publics» tout en évitant une éventuelle contagion entre risque souverain et bancaire, comme cela est arrivé en 2012 au moment de la crise.

C’est justement à ce moment-là que Banco Popular (septième banque espagnole par la capitalisation) avait refusé de recevoir de l’argent lors du sauvetage de 2012, misant sur des augmentations de capital. Sauf qu’elle n’a pas réussi à rentabiliser les milliers de biens immobiliers saisis pendant la crise. Rien qu’en 2016, ces biens ont causé une perte nette de 3,5 milliards d’euros.

 

 

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