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Economie

Investissements directs étrangers: Le Maroc en petite forme

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5041 Le 08/06/2017 | Partager
Baisse des flux de 29% pour s'établir à 2,3 milliards de dollars en 2016
Faible demande de la part des consommateurs européens
L’Egypte est de plus en plus attractive
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 En 2016, les flux à destination de l’Afrique ont continué de reculer pour s’établir à 59 milliards de dollars (-3%). Ces flux demeurent toutefois inégalement répartis, puisque cinq pays (Angola, Egypte, Ethiopie, Ghana et Nigéria) totalisent à eux seuls 57% des IDE. Le Maroc n’est pas bien loti au niveau du continent

Le gouvernement El Othmani devra retrousser ses manches. Si l’Egypte a rattrapé son retard en matière d’investissements directs étrangers, le Maroc dégringole. La vigueur au Caire a continué de tirer vers le haut les flux à destination de l’Afrique du Nord, en hausse de 11% à 14,5 milliards de dollars, indique la Cnuced dans son rapport 2017 sur l’investissement dans le monde. Les flux à destination de l’Egypte, en hausse de 17% à 8,1 milliards de dollars, ont surtout été stimulés par la découverte de réserves de gaz par des entreprises étrangères.

Les entrées d'IDE au Maroc, ont en revanche, diminué de 29% pour s'établir à 2,3 milliards de dollars en 2016. Ceci résulte d'une faible demande de la part des consommateurs européens, ce qui a affecté négativement les IDE orientés vers l'exportation dans le pays. Le Maroc avait drainé 3,2 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2015 (-11,2%). D’après les chiffres de l’Office des changes pour  l’année 2016, le flux des IDE s’est inscrit en recul de 28,2%.

Dans sa nouvelle publication, la Cnuced cite plusieurs projets réalisés par le Maroc. Les entreprises marocaines ont continué à se développer à l'échelle régionale. Par exemple, l’OCP, le plus grand exportateur de phosphate au monde, a signé à la fin de 2016 une coentreprise avec l'Ethiopie pour construire une usine d'engrais de 3,7 milliards de dollars. 

Dans le secteur financier, le groupe bancaire Attijariwafa bank a obtenu les autorisations pour le rachat de 100% de Barclay’s Bank Egypt. Celle-ci sera rebaptisée Attijari bank Egypt. L'IDE intra-africain est resté important en 2016, sous l'impulsion d'entreprises sud-africaines et marocaines. Le sud-africain Sanlam a racheté 30% de Saham Finances pour 375 millions de dollars.

Le Maroc a promulgué une nouvelle loi sur les investissements qui centralise les activités de promotion des investissements dans l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations et crée des zones franches industrielles dans chaque grande région du pays.

Le Royaume est cité parmi les pays qui ont atteint des niveaux de connectivité d’Internet bien au-delà de la moyenne observée dans d'autres pays qui ont des revenus par habitant et des caractéristiques démographiques similaires. Le Maroc a ainsi tous les atouts pour rentabiliser ses investissements et séduire les entreprises à l’international.

Même Alger est arrivé à  capter l’attention des investisseurs. Après avoir enregistré des entrées négatives en 2015, l'Algérie a attiré 1,5 milliard de dollars en IDE en 2016. Ceci en partie grâce à l'amélioration des politiques d'investissement et à une reprise récente de sa production pétrolière.

Les flux à destination de l’Afrique de l’Ouest ont augmenté de 12% pour atteindre 11,4 milliards de dollars en 2016, notamment grâce à une embellie des niveaux d’investissement au Nigéria, bien que les flux soient restés bien en deçà de leurs niveaux record. Les entrées d’IDE au Ghana, stimulées à la fois par des projets de transformation du cacao et de traitement d’hydrocarbures, ont progressé de 9% pour s’établir à 3,5 milliards de dollars.

Si les principaux investisseurs en Afrique restent les multinationales des pays développés, les investisseurs des pays en développement (tels que l’Afrique du Sud, la Chine et l’Inde) sont de plus en plus actifs. Les sorties d’IDE des pays africains ont marqué le pas à hauteur de 18,2 milliards de dollars (en hausse de 1% par rapport à 2015).

La réduction des investissements en provenance d’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, du Ghana et du Nigéria, dans cet ordre, a été plus que compensée par la hausse des flux provenant de l’Angola, premier investisseur de la région.

En Afrique du Nord, les sorties d’IDE ont chuté de 6% pour s'établir à 1,3 milliard de dollars (l'IDE du Maroc s’est contracté de 2% pour s'établir à environ 639 millions de dollars). Les faibles prix des produits de base et les coûts d'emprunt plus élevés (à mesure que la valeur des devises locales ont diminué et que les taux d'intérêt ont augmenté) ont tempéré l'expansion de nombreuses entreprises nationales africaines.

Intégration régionale

En 2017, les flux d’investissements directs étrangers à destination de l’Afrique devraient progresser pour atteindre environ 65 milliards de dollars. Ceci compte-tenu de la hausse contenue des prix du pétrole et d’une amélioration possible de l’IDE hors pétrole, explique la Cnuced. L’intégration régionale croissante devrait aider l’Afrique à se faire davantage de place dans la concurrence mondiale et à susciter des flux plus importants.

 

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