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Economie

Tourisme: Un plan d'accélération pour redynamiser la Vision

Par Amin RBOUB | Edition N°:5038 Le 05/06/2017 | Partager
La feuille de route de Sajid et Boutaleb pour redresser la situation
Un diagnostic très critique du cabinet Boston Consulting Group
Les principales composantes de la Vision 2020 au ralenti
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Lamia Boutaleb et Mohamed Sajid ont du pain sur la planche. La tâche ne sera pas aisée puisqu'ils doivent redynamiser l'ensemble des indicateurs, réajuster les performances du tourisme et l'ériger en  secteur stratégique (Ph. Min Tourisme)

Le constat est sans appel: de nombreuses erreurs dans la gouvernance tant du public que du privé, un faible pilotage, des difficultés dans le déploiement de la Vision 2020, des objectifs majeurs non atteints, un ralentissement des investissements et des engagements du contrat-programme, un plan Azur en panne, une conjoncture défavorable, de nouvelles tendances dans le business du voyage pas encore prises en compte... Le secteur du tourisme est contraint de revoir de fond en comble son modèle économique.

C'est dans ce contexte peu reluisant que Mohamed Sajid et Lamia Boutaleb, respectivement ministre du Tourisme et secrétaire d'Etat au Tourisme, ont rencontré les représentants de la Confédération nationale du tourisme (CNT). L'objectif de cette rencontre, tenue le jeudi 1er juin à Casablanca, est de dresser un bilan du secteur et convenir, en concertation avec les opérateurs, des axes stratégiques et d'une feuille de route pour enclencher l'accélération de la Vision 2020.

Ce nouveau départ puise ses fondements des conclusions d'une étude du cabinet international Boston Consulting Group (BCG), qui a été commanditée par Lahcen Haddad. Sauf que l'ancien ministre Haddad n'avait pas souhaité rendre publiques les conclusions de cette étude. Il va sans dire que le diagnostic du cabinet BCG a été très critique. 

«Le constat dressé concernant l'exécution de la Vision 2020 fait ressortir que les principales composantes ont été ralenties», confirme le ministère de tutelle. Pareil pour les engagements pris dans le contrat-programme national. Là aussi, il y a du retard. Selon la tutelle, bien qu'enregistrant de la croissance sur la période 2010/2015, les indicateurs du secteur (arrivées, recettes, nuitées, emplois...) restent en deçà des prévisions de la Vision 2020.

Ce qui s'explique en partie par la faiblesse des instances de pilotage et de la veille stratégique, ainsi que la réactivité. S'y ajoutent des facteurs exogènes liés à une conjoncture économique mondiale défavorable ainsi que le contexte géopolitique instable ou encore les mutations qui s'opèrent dans l'industrie du voyage.

Aujourd'hui, «toute la stratégie du secteur doit être repensée», insistent des opérateurs. L'enjeu est d'impulser une nouvelle dynamique pour relancer l'investissement et rétablir la confiance, favoriser la création d'un écosystème industriel dans la filière hôtellerie/tourisme, multiplier les créations d'emplois...

Pour redynamiser le secteur, le binôme Mohamed Sajid (ministre) et Lamia Boutaleb (secrétaire d'Etat) s'engage à déployer un plan d'actions qui tient compte des recommandations de l'étude du cabinet BCG. Il s'agit d'un plan d'accélération (2017-2020) pour traiter les urgences, opérer des réajustements et surtout rétablir la confiance tout en préservant les acquis du secteur. Il s'agit aussi de recenser tous les points de blocages tout au long de la chaîne de valeur.

L'enjeu est repositionner le secteur et ériger le tourisme en tant que secteur stratégique du gouvernement et levier important de développement territorial. Le plan d'accélération est censé apporter des ajustements dans les plus brefs délais, de manière à améliorer rapidement les performances des principales destinations. Et surtout, dynamiser les investissements et les projets structurants pour accompagner progressivement le développement des destinations émergentes.

2,5 millions de Marocains!

Plus de 500.000 familles marocaines vivent du tourisme. Cela représente environ 2,5 millions de Marocains.  Parmi les objectifs du secteur, créer 1,3 million d'emplois à l'horizon 2025, équilibrer les échanges extérieurs, réussir le déploiement de la régionalisation avancée... Le secteur avait réalisé de grandes avancées dans la conception et l'exécution de la Vision 2010. En revanche, il y a eu énormément de déperditions sur les 5 dernières années en termes de pilotage, de gouvernance, d'attractivité des investisseurs... Pour rappel, le gouvernement Benkirane (1 et 2) avait relégué ce portefeuille au second plan. Depuis 2012, le tourisme n'est plus érigé en secteur stratégique. Aujourd'hui, tout le défi est de repositionner le secteur parmi les plus stratégiques du pays, au même titre que l'automobile, l'aéronautique...

 

 

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