Economie

Budget: Un examen accéléré

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5017 Le 05/05/2017 | Partager
Le vote de la première partie prévu ce mardi
Le taux de croissance sera revu à la hausse
Le PAM pointe les contradictions entre le PLF et le programme gouvernemental

Une première: l’examen du projet de budget 2017 n’a jamais été aussi rapide que cette fois-ci. Démarré mardi au sein de la Commission des finances de la Chambre des représentants, le débat général et l’étude article par article devaient être bouclés jeudi. Avant même le dépôt des amendements prévu pour lundi prochain, la discussion des budgets sectoriels démarre ce vendredi par le ministère de l’Agriculture.

Selon le calendrier arrêté, après la Commission, le vote de la première partie du projet de loi de finances est programmé pour mardi prochain, après la séance des questions orales. En tout cas, au cours du débat général qui a lieu depuis plusieurs jours, les groupes parlementaires ont insisté sur le contexte politique dont chacun en fait une lecture différente.

Abdellatif Ouahbi, député et ancien chef du groupe parlementaire du PAM, a saisi cette opportunité pour ruer dans les brancards de l’équipe aux commandes. «Le gouvernement est hors jeu, pour ne pas avoir actualisé  le projet de loi de finances», déposé à la fin du mandat précédent. Pour lui, la mise en place d’une loi de finances rectificative était plus appropriée, particulièrement après les changements ayant marqué les différentes hypothèses de base.

Le député a également pointé «la tergiversation sur certains dossiers, comme la décompensation du gaz butane, annoncée par le chef du gouvernement, avant de se rétracter le lendemain via les déclarations d’un de ses ministres». Abdellatif Ouahbi a également déploré que le projet de budget reste muet sur certains sujets sensibles comme la flexibilité du dirham.

En outre, il a abordé le coût de la non-adoption de la loi de finances fin décembre, estimé à 24 milliards de DH par des experts. D’autres députés du PAM ont insisté sur l’absence de vision politique et économique dans le projet de loi de finances de cette année. Celui-ci a été élaboré au cours de l’été 2016 et déposé au Parlement le 6 octobre avant même le programme gouvernemental, insistent-ils.

Pour eux, d’autres paramètres sont également entrés en jeu tels que le changement de la majorité gouvernementale avec l’arrivée de nouveaux partis politiques comme l’USFP et l’UC. Par ailleurs, au cours de cette semaine de débats, des députés de l’opposition ont mis le doigt sur certaines contradictions entre le projet de budget et le programme gouvernemental.

C’est le cas de la baisse de l’endettement public annoncée par El Othmani, dont le taux devra  passer de 64% à 60% du PIB. Or, le projet examiné actuellement par les députés ne comporte pas de mesure particulière pour réduire le poids de la dette sur le budget de l’Etat. A ce niveau, le ministre des Finances avait précisé lors de ses différentes sorties que les premières traductions du contenu du programme gouvernemental seront insérées dans le projet de budget pour 2018.

Reste qu’il n’exclut pas la révision des hypothèses de calcul à la fin de ce premier semestre. Ainsi, le taux de croissance sera certainement revu à la hausse, sous l’effet de la récolte céréalière estimée à 102 millions de quintaux (progression de 203% par rapport au volume de la saison dernière) alors que le projet de budget table sur 70 millions de quintaux. Le ministère attend également que le HCP publie les résultats de la comptabilité nationale en juin prochain. Les résultats définitifs de 2014, semi-définitifs de 2015 et provisoires de 2016 seront alors connus.

En tout cas, le programme gouvernemental qui sera décliné dans le projet de budget pour 2018 vise un taux de croissance situé entre 4,5 et 5,5% à l’horizon 2021. Cette moyenne est réalisable au regard des indicateurs positifs sur le plan interne et extérieur. En effet, pour Boussaid, la croissance augmentera au niveau international.

La demande extérieure dirigée vers le Maroc s’améliorera, particulièrement celle des pays de l’Union européenne, le principal partenaire commercial. Il est prévu que la croissance profitera du renforcement de la demande intérieure et de la poursuite des bonnes performances des exportations des métiers mondiaux du Maroc comme l’automobile et l’aéronautique.

Record de recrutement dans la fonction publique

LORS des débats, le PJD a considéré que le contexte politique imposait une accélération des discussions pour l’adoption du projet de budget par les deux Chambres du Parlement avant fin mai. Car, même avec l’adoption des deux décrets pour ouvrir les dépenses de fonctionnement et de recouvrement des recettes fiscales à la fin de 2016 n’a pas été suffisante pour la mise en œuvre de toutes les dispositions. C’est le cas de la création des postes budgétaires, qui sont prévus par le projet de loi de finances. Ainsi, les 23.768 emplois n’ont pas été pourvus. A ce nombre s’ajoute l’embauche de près de 11.000 enseignants dans le cadre des contrats passés avec les Académies régionales d’éducation et de formation. Ce qui fait dire à Mohamed Boussaid que c’est la première fois qu’autant d’effectifs sont employés dans la fonction publique en une seule année. Cette politique de contractualisation est conforme aux statuts de la fonction publique, a-t-il avancé pour répondre à des reproches formulés par les partis d’opposition. Dans sa réponse aux interrogations des députés, le ministre est également revenu sur les trois lignes de précaution financière, qui n’ont pas été utilisées. Pour lui, le coût de cette ligne s’élève à 30 millions de DH sur 6 mois. «Ce mécanisme, qui fonctionne comme une assurance, est prêt à être activé en cas de choc», indique le ministre.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc