Habillage_leco
Analyse

Le risque-client a plombé le business en 2016

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5016 Le 04/05/2017 | Partager
Baisse de 3% des crédits de trésorerie à fin février
Alerte sur le rallongement des délais de paiement
Le groupe lance une nouvelle solution de gestion du risque

«L’emploi du crédit bancaire reste toujours très insuffisant au Maroc», annonce Frédéric Louat, administrateur-directeur général de Coface Maroc. A fin février dernier, le crédit bancaire s’est accru de 4%, «mais quand on regarde plus particulièrement les crédits de trésorerie, ils sont en baisse de 3%», explique Frédéric Louat.

Pour l’assureur, cette insuffisance structurelle de crédit de trésorerie de la part des banques est l’une des raisons pour laquelle il n’est pas optimiste. Le groupe lance sur le marché marocain une nouvelle solution de gestion du risque-client appelée Tradeliner.

A plein d’égards, 2016 a été une année de crise sans précédent, pour plus d’un secteur d’activité au Maroc. Le pays n’a jamais eu autant de défaillances d’entreprises depuis pratiquement 10 ans. En effet, les cessations de paiement ont augmenté d’environ 25% en 2016, soit près de 7.500 défaillances, avec une accélération au quatrième, qui a continué en début d’année 2017. En janvier 2017, les défaillances d’entreprises ont augmenté de plus de 52%.

Pour l’assureur, une crise de liquidité est survenue en octobre dernier, déclenchée ou accélérée par les retards de paiement des donneurs d’ordre publics. «Il est probable que l’absence de gouvernement en soit à l’origine», explique Frédéric Louat. S’y ajoutent les difficultés du secteur des BTP, qui ont aggravé la crise. L’évolution des ventes du ciment ces derniers mois démontre clairement ce constat.

En effet, le rythme de progression a été en baisse constante toute l’année 2016. Depuis décembre dernier, les ventes connaissent une baisse beaucoup plus importante, en partie due à la forte pluviométrie enregistrée l’hiver dernier. La pluviométrie n’a pas fait que des heureux. Elle a eu un impact négatif sur le BTP! Ce secteur d’activité étant l’un des plus intégrés, son ralentissement a impacté d’autres secteurs par effet domino. Pour l’assureur, cet effet contagion explique la crise qu’ont connue pratiquement tous les secteurs d’activité au 4e trimestre 2016.

Le dernier trimestre de l’an dernier a par ailleurs permis de relever des allongements de délais de par des retards chez des entreprises de grande taille, qui semblaient à l’abri de ce type de défaillance. Coface reste mitigée face à cet événement relativement nouveau. «Un certain nombre de faisceaux d’indicateurs donne à penser que la situation de liquidité et de retard de paiement est en train de se retourner», annonce Louat. Et d’ajouter: «La grave crise de liquidités d’octobre 2016 a probablement accéléré les défaillances d’entreprises fragiles et qui auraient certainement été en défaillance de paiement sinon fin 2016-début 2017».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc