Economie

Mobilité bancaire, dégagement de caution… BAM revient à la charge

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4987 Le 23/03/2017 | Partager
Les directives peu suivies par le secteur
La demande de crédit reprend: + 4,6% pour les entreprises
Rappel à l’ordre sur le risque de taux

Après le ralentissement de 2016, la croissance devrait reprendre. Bank Al-Maghrib prévoit un taux de 4,3% cette année. Un rebond de la production céréalière de 78 millions de quintaux ainsi qu’un accroissement de la valeur ajoutée agricole de 11,5% sont attendus. Le non agricole connaîtra aussi une légère amélioration: une hausse de 2,9% du PIB en 2017 contre 2,5% l’année dernière. Les prévisions de la banque centrale tiennent compte d’un certain nombre de paramètres et d’hypothèses. Mais le retard pris dans la formation du gouvernement et son impact sur le monde des affaires n’est pas pris en compte. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, explique que «cet impact est difficile à mesurer. Mais tout retard dans les marchés de l’Etat, dans les paiements et le lancement des investissements a une incidence sur la croissance».
■ Les prêts aux entreprises augmentent
«Nous sommes engagés dans le cercle vertueux d’une reprise de l’activité économique». Pour Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, la demande de crédit reprend et c’est bon signe. Les crédits bancaires au secteur non financier ont enregistré une hausse de 3,9% en 2016 contre 0,3% en 2015. Ils sont tirés par l’amélioration du rythme des prêts aux entreprises, lesquels sont passés de -2,2 en 2015 à 4,6% en 2016. Les prévisions de la banque centrale sur l’évolution des crédits bancaires ont été réajustées en raison de l’amélioration prévue des activités non agricoles: de 4 à 4,5% en 2017 et de 4,5% à 5% en 2018.
En 2015, les crédits aux entreprises avaient affiché des taux d’évolution négatifs. «Nous avons rapidement réagi en signant en janvier 2016 un accord avec les banques et la CGEM», rappelle Jouahri. Depuis, deux éléments sont suivis par la banque centrale, la communication de la grille de notation des banques aux entreprises et la justification du refus des crédits. «Durant la prochaine réunion avec le secteur, nous allons nous assurer que toutes les banques ont suivi les consignes», indique le wali.  Il ajoute aussi que les comités régionaux tripartites commencent à se mettre en place.

■ Les délais de paiement: Un dossier à traiter!
«Nous n’avons pas toutes les données pour nous saisir de ce dossier. Les délais s’aggravent et il faut un traitement global», souligne Jouahri.  Les délais de paiement constituent une des principales préoccupations des entreprises. Ceux pratiqués par certains établissements publics  dépassent parfois les 8 mois. Le phénomène prend également de l’ampleur entre entreprises privées.
La Banque centrale, qui suit de près les délais de paiement d’un échantillon de 60.000 entreprises dont les données comptables sont jugées fiables, estime que l’accélération des remboursements TVA reste néanmoins positive! En ce sens, que cela permet de renflouer la trésorerie des entreprises.  

■ Les créances en souffrance à 7,8%
Le ratio des créances en souffrance au crédit bancaire atteint 7,8%, un niveau jugé élevé par le wali de Bank Al Maghrib  sans pour autant «gêner» les agences de notation. Pour lui, ce qui importe, c’est le provisionnement. D’ailleurs, les créances de Samir sont  entièrement «provisionnées» par le secteur bancaire.

■ Mobilité bancaire, dégagement des cautions…
 Clôture des comptes, mobilité bancaire et dégagement des cautions. Voilà trois dossiers sur lesquels la banque centrale compte revenir à la charge.  «Nous avons bataillé pour mettre en place la mobilité bancaire et nous avons publié une directive sur la mise en place de cellules de traitement des réclamations des clients. Mais ces deux mesures se mettent difficilement en place», reconnaît Jouahri. Il souligne aussi que les entreprises ont du mal à dégager les cautions… un dossier auquel il compte s’attaquer.

■ Rappel à l’ordre contre le risque de taux
Un rappel à l’ordre a été adressé par le wali de Bank Al Maghrib au secteur bancaire. Jouahri, qui se dit satisfait de la répercussion du taux de base de 2,25% sur les taux d’intérêt, met néanmoins en garde contre le risque de taux. «Nous estimons que certaines pratiques peuvent être nuisibles et peuvent porter atteinte à la rentabilité des banques».

■ Banques participatives: Deux agréments bientôt au BO
La banque participative du CIH en association avec la Qatar International Islamic Bank ainsi que la fenêtre BMCI seront les premières à démarrer leurs activités. Leurs agréments seront bientôt au bulletin officiel. «Nous ne retardons personne et les dossiers reçus sont traités rapidement et transmis au SGG», souligne  Jouahri. Les travaux sur la fiscalité, les sukuks, l’assurance takaful ainsi que le contrat-type… se poursuivent.

■ Banque centrale: Le projet de refonte ficelé
Parmi les changements prévus dans le projet de refonte des  statuts de Bank Al Maghrib figure la possibilité qui sera accordée à certaines commissions du Parlement «d’inviter» le wali à expliquer la politique monétaire. Le projet est prêt et attend la formation du gouvernement pour être intégré dans le circuit législatif. Actuellement, la banque centrale est tenue de présenter un rapport annuel au Souverain. Ceci étant, Jouahri n’a pas hésité à répondre à l’invitation du parlement l’année dernière.

■ La démarche du chameau pour la flexibilité des changes
C’est la démarche du «chameau» qui sera poursuivie dans le chantier de la flexibilité du régime de change. «Nous allons y aller étape par étape pour prévenir tout dérapage. La première étude remonte à 2010 et nous avons attendu le temps que la situation macro-économique s’améliore», rappelle Jouahri.

 

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