Habillage_leco
Competences & rh

Mixité: Un chantier de longue haleine

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
Comment Lydec et Centrale Danone tentent de promouvoir les carrières féminines
Le poids des mentalités, difficile à contourner

De plus en plus d’entreprises, notamment parmi les plus grandes, essayent de mener des politiques favorables à l’égalité des chances entre hommes et femmes. Parmi elles, la Lydec. «Le refus de toute discrimination et l’action en faveur de l’égalité des chances permettent à notre entreprise de bénéficier d’une valeur ajoutée en matière d’innovation, de développement et de croissance. Ceci à travers la diversité des collaborateurs, en termes d’âge, de genre, de culture…», relève son directeur général, Jean-Pascal Darriet. Il intervenait lors de la rencontre organisée récemment par l’ambassade de France autour des résultats du rapport Women Matter 2016.

Le taux de mixité au sein de Lydec avoisine 14%. Une part jugée insuffisante par rapport aux ambitions de la société. Au niveau des cadres, le taux passe à 25%. A une certaine époque, Lydec avait tenté le recrutement de femmes dans le poste de releveur. Une tâche habituellement assurée par des hommes.
L’expérience a, toutefois, tourné court. Les femmes embauchées ont jeté l’éponge au bout de quelques mois, «sous la pression du regard de la société». Néanmoins, les femmes de Lydec se sont distinguées dans d’autres spécialités, surtout dans les relations sociales.

Centrale Danone, aussi, fait part de son engagement à favoriser l’égalité dans les  opportunités de carrière. Le cas de sa secrétaire générale, Samia Kabbaj, en est l’illustration, puisqu’avant son recrutement, aucune femme n’avait encore siégé au comité de direction de la société. Actuellement, elles sont deux au sein du comité. L’effectif du groupe  avoisine 7.000 employés dont 10% de femmes, et 30% au niveau du management. Le taux est plutôt raisonnable, car les postes dans le secteur sont en majorité de nature masculine, avec près de 3.000 distributeurs de produits. La direction du groupe cherche, cependant, à féminiser ce métier avec une première initiative impliquant 4 vendeuses qui ont accepté d’assurer les livraisons par moto.

Autre expérience dédiée à la promotion de la mixité chez Centrale Danone, celle de son usine à El Jadida, dont le taux de féminisation des effectifs est de 60%. L’unité se distingue par des performances encourageantes. «Il ne faut pas oublier les femmes des 120.000 agriculteurs qui fournissent le lait aux usines du groupe. Elles aussi jouent un grand rôle», tient à rappeler Kabbaj.  
Ces expériences restent, cependant, insuffisantes. La participation de la gent féminine à l’économie, en général, reste très faible. Le taux d’activité féminin est d’à peine 23,6%, selon les dernières statistiques du HCP. Parmi les actifs occupés, les trois quarts sont aujourd’hui des hommes.

Seuil optimal

Quel est le seuil optimal à atteindre en matière de mixité pour permettre à l’entreprise d’en tirer profit? Une question appréhendée par Mouna Fassi Daoudi, administrateur directeur général de Sodexo Maroc, à travers une étude réalisée par son groupe, et dont les résultats ont été publiés en 2015. Couvrant 50.000 managers Sodexo dans 80 pays, elles ont montré que la mixité n’impacte la performance que si elle atteint un seuil optimal compris entre  40 et 60%. C’est-à-dire, 40% de femmes et 60% d’hommes, ou le contraire.
Les équipes managériales situées dans cette fourchette obtiennent en moyenne des résultats meilleurs et plus durables que celles où la mixité se situe à un niveau inférieur à 40% ou supérieur à 60% de travailleurs de l’un des deux sexes. La concrétisation du seuil optimal se traduira par un meilleur engagement des collaborateurs et une image de marque du groupe plus forte.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc