Economie

OCDE: Plus de 7.000 médecins et autant d’infirmiers nés au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4966 Le 22/02/2017 | Partager
La diaspora marocaine, dixième plus importante au monde
Une féminisation et un vieillissement des MRE
Le Royaume, 12e en mobilité internationale des étudiants
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Au sein de la région Mena, le Maroc a été de loin le principal pays d’origine des émigrés dans l’OCDE en 2010/2011. Les émigrés marocains ont représenté un tiers des 8 millions d’émigrés provenant de la région. Entre 2000/2001 et 2010/2011, le groupe des émigrés marocains a connu un taux de croissance supérieur à la moyenne correspondant à la région Mena (qui est de 40%)

L’OCDE dresse un profil d’une diaspora marocaine, grandissante, hétérogène et dynamique. Le nombre de personnes nées au Maroc et résidant dans les pays de l’OCDE a atteint 2,6 millions en 2010/2011. Ce qui en fait le dixième groupe d’émigrés le plus important au monde et le plus grand groupe d’émigrés en provenance d’un pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) (voir infographie).

De plus, on dénombre au moins 800.000 descendants d’émigrés marocains dans les pays européens de l’OCDE, relève l’étude intitulée les  «Talents à l’étranger: une revue des émigrés marocains» publiée le 21 février. Après une décennie de forte croissance, les flux annuels vers la zone OCDE ont diminué pour s’établir à 80.000 personnes en 2014. En cause, la baisse des départs vers l’Espagne suite à la crise économique.

Les émigrés marocains sont concentrés dans des pays européens. Un tiers réside en France en 2010/2011. A cette date, l’Espagne et l’Italie accueillent à elles deux un million d’émigrés marocains (deux fois plus qu’en 2000/2001). Ils sont de plus en plus instruits (voir aussi notre article France: les immigrés plus instruits qu’on ne l’imagine, cf. notre édition N° 4963 du 17/02/2017). Selon l’OCDE, un demi-million d’émigrés marocains détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur en 2010/2011, deux fois plus qu’en 2000/2001. Les femmes tirent cette tendance à la hausse. Le nombre d’émigrées marocaines ayant un niveau d’éducation élevé a augmenté de 125% pendant la dernière décennie. Par ailleurs, plus de 31% de descendants d’émigrés marocains en Europe (250.000) détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur.

Les émigrés marocains ont subi de plein fouet la crise économique. Leur taux de chômage s’élève à 34% en 2014 dans les pays européens et il est de 41% pour les personnes peu qualifiées. En Espagne, la situation a été particulièrement difficile avec plus d’un émigré marocain sur deux au chômage en 2014. Sur le marché du travail nord-américain, à l’inverse, les émigrés marocains sont plus qualifiés et aussi mieux intégrés qu’en Europe. Plus de 7.000 médecins et autant d’infirmiers travaillant dans les pays de l’OCDE sont nés au Maroc. Avec plus de 50.000 étudiants en mobilité internationale en provenance du Maroc, le Royaume est le douzième pays d’origine des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur des pays de l’OCDE.

Un tiers des adultes au Maroc veulent émigrer!

L’étude de l’OCDE démontre une certaine dynamique migratoire. D’un côté, un tiers des adultes au Maroc expriment un désir d’émigrer. Ce taux, déjà un des plus élevés dans la région Mena, s’élève à 45% parmi les jeunes Marocains. De l’autre côté, la migration de retour a augmenté de 30% au cours des dix dernières années. Ces migrants de retour, les émigrés marocains eux-mêmes ou leurs descendants, ont des niveaux d’éducation nettement plus élevés que la moyenne de la population du pays. De plus, ils sont plus de deux fois plus susceptibles de devenir entrepreneurs que le reste de la population, souvent bénéficiant de l’expérience et de réseaux et financement à l’étranger.

 

 

 

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